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L’UA EN PERSPECTIVES : Quels engagements face aux défis pluriels?

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Alphonse Zozime TAMEKAMTA
Ph.D en Histoire des relations internationales
(Polémologie et irénologie africaine)
Président délégué de OMA PAX AFRIKA FORUM
Yaoundé-Cameroun

I-L’Union Africaine face aux engagements contractuels

Vingt ans après sa création, l’Union Africaine peine à porter l’idéal commun d’une Afrique qui doit s’inscrire dans la prospérité sur le moyen ou long terme. Malheureusement, elle peine à faire face efficacement au défi financier, en restant dépendante des financements extérieures, à la fois pour l’institution continentale, les Communautés économiques régionales (CERs) que les pour les Etats pis individuellement. Le « Peace Fund » de l’UA, les opérations de paix sous égide de l’UA (MISMA et MISCA) sous-régionales, à l’exemple de la Forme multinationale Mixte (FMM) sous égide de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), etc. demeurent tributaires des dons et financements extérieures à l’Afrique.
Sur le plan sécuritaire, la position de l’UA souvent ambiguë n’offre une perspective sereine d’une Afrique capable d’arguments discursifs et d’actions matérielles pour s’imposer comme un acteur indispensable des fora internationaux. La pluralité des instruments africains (protocole à la Convention de l’OUA de lutte contre le terrorisme adopté en 2004, Pacte de non-agression et de défense commune de l’union africaine, adopté le 31 janvier 2005 ou l’Agenda 2063 de l’UA, etc.), peu ou pas mis en œuvre, plus décoratifs qu’opérationnels, constitue un sérieux handicap. La position commune africaine au sujet du terrorisme international, des questions de protection de l’environnement, des menaces sanitaires (SIDA et plus récemment le Covid-19) demeure également empreinte de flou.

II-L’Union Africaine face aux défis pluriels

Au même moment les coups d’Etat se multiplient, simultanément aux conflits internes et interétatiques.

C’est le cas du conflit/différend autour du Sahara marocain à cause duquel l’Afrique reste encore divisée, du fait l’admission d’une entité fictive en son sein en 1984, en violation de l’article 28 de la Charte de l’OUA. Cet imbroglio juridico-politique et idéologique a lourdement hypothéqué la capacité de l’OUA à relever les défis du panafricanisme. Bon projet juridique en apparence, l’OUA s’est avérée être un mauvais compromis politique. Elle a très vite cédé aux caprices de certains États membres et son instrumentalisation par d’autres, en admettant des contradictions liées à l’absence de sa propre conception du principe de l’autodétermination.

Car l’admission de la RASD au sein de l’OUA a été une triple trahison : trahison des articles 4, 27 et 28 de la Charte de l’OUA ; trahison contre le Maroc, un État pionnier de l’OUA et trahison vis-à-vis de l’Afrique, par obstruction de sa marche vers l’unité. Le différend sur le Sahara marocain aura été donc une pilule amère qui a durablement divisé l’institution panafricaine. Ceci dénote, d’une part, des jeux d’intérêts de certains États membres, et d’autre part, du dysfonctionnement de certains organes. L’UA ayant hérité du passif de l’OUA continuerait à cristalliser les attentes populaires si elle s’engageait à respecter ses propres textes. Pour le cas, l’expulsion de la RASD de l’Union africaine est un acte courageux attendu.

III-L’Union Africaine en perspectives : des enjeux globaux non maîtrisables ?

L’Afrique est aujourd’hui assiégée de toute part par des turbulences internes qui échappent à son appropriation et les enjeux furtifs et mal maîtrisés qui aiguillonnent ses rapports à l’extérieur. Ainsi, l’avenir de l’Union africaine et de l’Afrique est porté par une escalade d’espérance et désespérance ; espérance au regard du rajeunissement irréversible de sa population et des richesses naturelles, et désespérance au regard de son absence prégnante dans les grands fora internationaux et des turbulences qui l’agitent à intervalles réguliers. Le changement de l’OUA à l’UA, plus nominatif que profond, n’est pas susceptible de garantir à l’institution panafricaine une efficacité de portée moyenne sur le court terme. Ainsi, dans sa configuration et son fonctionnement actuels, elle n’augure pas une capacité d’émulation certaine et de prise de position défendable face aux grands enjeux globaux.

C’est pourquoi elle demeure inaudible, voire absente, dans un monde de plus en plus complexe, avec une paix volatile et une sécurité tributaire des quêtes d’émancipation et d’affirmation de puissance comme ce qui se trame en Ukraine.

Toutes les intentions d’adhésion/manifestation d’intérêt sont reçues ICI

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