La diplomatie algérienne s’est opposée à la nouvelle résolution 2654 votée jeudi 27 octobre par le Conseil de sécurité de l’ONU relative au Sahara, dans une déclaration publiée samedi 29 octobre.
«L’examen par le Conseil de sécurité du rapport du Secrétaire général des Nations unies qui inclut des vues de son Envoyé personnel pour le Sahara occidental offrait au Conseil une précieuse occasion de peser sur la situation dans le sens de la promotion effective de la décolonisation du territoire à travers l’exercice par son peuple de son droit imprescriptible à l’autodétermination», déclare le texte.
Le document poursuit en déclarant que «la résolution 2654 adoptée le 27 octobre 2022 résulte, comme ses devancières depuis la remise en cause par la puissance occupante de ses engagements envers le plan de règlement porté par la résolution n° 690 (1991), d’un exercice laborieux de rédaction dépourvu de la volonté d’orienter et de stimuler des efforts destinés à préserver la nature de la question du Sahara occidental et à lui appliquer scrupuleusement la doctrine et les bonnes pratiques des Nations Unies en matière de décolonisation ».
Pour la diplomatie algérienne, «l’Envoyé personnel, Staffan de Mistura, dont l’Algérie comprend et encourage la démarche méritait que le Conseil de sécurité le renforce par un mandat proactif et un soutien vigoureux pour lui assurer un même niveau de coopération des deux parties, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, en particulier de la puissance occupante, dont les conditions préalables visent à rendre concevable une parodie de solution se traduisant par une annexion territoriale par la force et le fait accompli».
L’Algérie estime être «animée d’un sens élevé de ses responsabilités, tant envers le peuple du Sahara occidental qu’envers la région dans son ensemble comme en ce qui concerne l’effectivité des Nations Unies», mais « constate avec regret un risque sérieux de dénaturation et d’érosion du processus qui serait préjudiciable à la paix, à la stabilité et à la sécurité régionales».
La résolution 2654 a prorogé d’une année le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Elle a mis en avant l’importance pour les parties concernées (le Maroc, le front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie) «à dialoguer avec l’envoyé personnel dans le processus sur toute sa durée ; dans un esprit de réalisme et de compromis en vue de le faire aboutir».
Le texte a été voté par 13 voix, avec deux abstentions (Russie et le Kenya). «C’est le lieu de saluer la position adoptée par la Russie et le Kenya que le Conseil de sécurité aurait gagné à suivre pour faire œuvre utile», a souligné la déclaration.
By OMA Newsletter N° 918 du 31/10/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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