Le président guinéen, le colonel Mamadi Doumbouya, intervenant jeudi à la tribune des nations unies, a rejeté la tentation de classer les Africains selon les grandes puissances qui auraient de l’influence sur eux.
«Nous Africains sommes fatigués, épuisés des catégorisations dans lesquelles les uns et les autres veulent nous cantonner. La population de l’Afrique est jeune. Elle n’a pas connu la guerre froide. Elle n’a pas connu les guerres idéologiques qui ont façonné le monde des 70 dernières années», a-t-il déclaré.
«C’est pourquoi, a-t-il pousuivi, nous trouvons insultant les cases, les classements qui tantôt nous placent sous l’influence des Américains, tantôt sous celle des Anglais, des Français, des Chinois, des Russes et même des Turcs».
Doumbouya a souligné que «nous ne sommes ni pros ni anti américains, ni pro ni anti chinois, ni pro ni anti français, ni pro ni anti russes, ni pro ni anti turcs. Nous sommes tout simplement pro africains. C’est tout. Nous mettre sous la coupe de telle ou telle puissance est une insulte, du mépris, du racisme vis-à-vis d’un continent de plus d’un milliard trois cent millions de personnes».
Le dirigeant guinéen a noté l’importance, pour la communauté internationale, de comprendre «clairement, définitivement que l’Afrique de papa, la vieille Afrique, c’est terminé. Avec une population de plus d’un milliard d’Africains dont environ 70% de jeunes totalement décomplexés, des jeunes ouverts sur le monde et décidés à prendre leur destin en main, il est venu le moment de prendre conscience que les structures, les règles issues de l’après seconde mondiale, en l’absence de nos Etats qui n’existaient pas encore sont obsolète».
Selon lui, «c’est la fin d’une époque déséquilibrée, injuste où nous n’avions pas droit au chapitre. C’est le moment de prendre en compte nos droits, de nous donner notre place. Mais aussi et surtout le moment d’arrêter de nous faire la leçon, d’arrêter de nous traiter comme des enfants. Rassurez-vous nous sommes suffisamment grands pour savoir ce qui est bien pour nous».
«Nous sommes suffisamment matures pour définir nos priorités, pour concevoir notre propre modèle qui corresponde à notre identité, à la réalité de nos populations, à ce que nous sommes tout simplement. Nous vous serions fort reconnaissants de nous faire confiance et de nous laisser mener notre barque comme vous l’avez permis dans certaines régions du monde. En Asie, au Proche et Moyen Orient. Pour ne citer que ceux-là. Cette infantilisation est du plus mauvais effet pour une jeunesse africaine qui s’est émancipée», a insisté le chef d’Etat guinéen qui avait renversé le pouvoir du président Alpha Condé le 5 septembre 2021.
By OMA Newsletter N° 1332 du 22/09/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
L’OMA, ONG à vocation Intercontinentale
Pour le développement des échanges culturels
La valorisation des potentialités humaines
La promotion et la consolidation du développement de l’Afrique, et L’intégration interafricaine







