Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a rejeté fermement, jeudi, tous les actes irrespectueux et offensants de haine religieuse, en particulier ceux qui ont clairement pour but de provoquer la violence et d’attiser les divisions et qui ont eu un impact profondément personnel sur des millions d’individus, touchant au cœur de leur identité et de leurs valeurs, selon le site de l’ONU.
Il s’est ainsi exprimé lors d’un débat sur la lutte contre la haine religieuse, intervenu alors que «le dialogue pacifique et la coexistence pacifique sont de plus en plus rompus dans le monde entier par des discours et des actions qui cherchent à diviser, à enflammer et à répandre la haine».
«Depuis le débat d’urgence du Conseil en juillet dernier sur ce sujet, la mise en scène publique d’exemplaires du Coran brûlés a persisté dans certains pays», a-t-il déploré, rappelant que durant l’été, plusieurs manifestations ont été observées en Suède ou au Danemark impliquant des autodafés ou autres profanations du livre sacré musulman.
Le chef des droits de l’homme de l’ONU a indiqué que la haine religieuse est aujourd’hui alimentée par de multiples facteurs, pointant, entre autres, du doigt les «politiciens et dirigeants, qui promeuvent des politiques qui divisent, polarisent et suppriment les voix dissidentes».
Il a déploré les systèmes éducatifs qui n’enseignent pas à leurs élèves le respect, la tolérance et la compréhension. Dans ces conditions, selon lui, «les femmes et les jeunes filles musulmanes faisant souvent l’objet d’agressions verbales, d’intimidations physiques et de menaces de mort ou, pire encore, de violences réelles».
Toute en reconnaissant que le monde assiste «à de nouvelles itérations de l’islamophobie, alimentées par des préjugés irrationnels, Türk, a relevé aussi le fait que les discours de haine religieuse se développent aujourd’hui sans contrôle. En ligne, les algorithmes des médias sociaux amplifient les messages haineux, sachant que la haine religieuse a pris racine dans les préjugés, l’ignorance ou une peur profonde de l’autre.
La haine religieuse, vise, partout dans le monde, non seulement les musulmans, mais aussi les ahmadis, les bahá?ís, les bouddhistes, les chrétiens, les hindous, les juifs, les sikhs, les yazidis, ainsi que les athées et bien d’autres encore, a souligné Türk.
Il aussi noté que les conséquences de la haine et de la discrimination religieuses sur les droits de l’homme sont évidentes ; elles perpétuent la méfiance et les stéréotypes qui portent atteinte à la dignité humaine. Dans certains pays, les minorités religieuses sont confrontées à de graves discriminations sur les marchés de l’emploi et du logement, au sein des systèmes de justice pénale et au-delà. Le profilage religieux se poursuit dans le cadre des mesures de sécurité nationale.
Face à cette situation, il a appelé les États membres à faire plus. «Comme l’ont si clairement montré les incendies de Coran et les nombreux autres incidents de haine religieuse dans le monde, il faut aller beaucoup plus loin pour combattre les causes profondes et les moteurs de la haine», a-t-il fait valoir, plaidant aussi pour des campagnes d’information publique célébrant la diversité ou des systèmes éducatifs non discriminatoires.
Dans ce combat pour la tolérance, toutes les plateformes de médias sociaux doivent prendre, selon lui, leurs responsabilités au sérieux, en écoutant les personnes concernées et en agissant rapidement grâce à des politiques de modération des contenus qui respectent les droits de l’homme.
Le chef des droits de l’homme de l’ONU a également recommandé de mettre en place un modèle permettant aux pays d’adopter des cadres juridiques et répressifs ainsi que des politiques solides pour lutter contre le fléau de la haine religieuse, conformément au droit international des droits de l’homme, et d’agir rapidement pour garantir la reddition des comptes.
By OMA Newsletter N° 1349 du 06/10/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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