La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) tire la sonnette d’alarme, dans son nouveau rapport 2023 diffusé mardi 7novembre, sur l’urgence à porter secours aux 46 pays les moins avancés (PMA) du monde.
Le Rapport 2023 sur les pays les plus vulnérables du monde souligne qu’il est impératif que les réformes financières internationales ciblent spécifiquement les besoins en financement de ces nations.
Les contraintes budgétaires des PMA menacent gravement leur capacité à mettre en œuvre des politiques de développement cruciales, risquant de faire dérailler les progrès vers les objectifs de développement durable (ODD) et une transition vers une économie sobre en carbone.
L’incapacité à répondre rapidement aux besoins en financement des PMA, prévient le rapport, pourrait entraver leur développement et exacerber l’impact du changement climatique, d’autant plus que 17 des 20 pays les plus vulnérables au changement climatique sont des PMA.
Le rapport appelle à une augmentation substantielle du financement du développement et du financement climatique, y compris des dons et des prêts à faible coût dans des conditions hautement concessionnelles.
Evoquant des déficits de financement vertigineux, le rapport note que les PMA sont confrontés à un coût annuel de 372 dollars par personne pour atteindre les ODD. Par rapport à leur économie nationale, ils supportent le fardeau le plus lourd, puisque, par exemple, la promotion de la protection sociale et des emplois décents nécessiterait 45 % de leur PIB.
Pour accroître la marge de manœuvre budgétaire, la CNUCED appelle les donateurs bilatéraux à respecter leurs engagements en augmentant l’aide publique au développement (APD) pour atteindre les niveaux fixés dans les accords internationaux.
Les PMA font aussi face à une crise de la dette. Le ratio médian de la dette des administrations publiques par rapport au PIB dans ces pays est passé de 48,5 % en 2019 à 55,4 % en 2022 – son niveau le plus élevé depuis 2005.
Le rapport souligne l’escalade du service de la dette, qui entrave les dépenses publiques indispensables à la réalisation des ODD. Le service de la dette dans les PMA a grimpé en flèche pour atteindre 27 milliards USD en 2021, soit une augmentation stupéfiante de 37 % par rapport à celle de 20 milliards lors de l’année précédente.
La CNUCED insiste sur la nécessité de trouver une solution durable à la crise de la dette, notamment par une meilleure gestion de celle-ci, par des contrats transparents et par la mise en place d’un mécanisme efficace de restructuration de la dette.
Pour l’agence onusienne, les banques centrales ont un rôle à jouer, soulignant que les outils de ces banques dans les PMA peuvent efficacement canaliser les flux financiers vers une transformation structurelle verte. Toutefois, nuance-t-elle, une telle politique des banques centrales doit s’accompagner de politiques fiscales, industrielles et sociales complémentaires afin de garantir que les objectifs de réduction des émissions s’alignent sur les objectifs sociaux et de développement.
Le rapport considère, par ailleurs, que le lancement prochain du Fonds pour les pertes et les préjudices lors de la 28e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28) pourrait changer la donne pour les PMA, à condition qu’ils figurent parmi les principaux bénéficiaires de ce Fonds et que leurs besoins spécifiques soient pris en compte.
Le succès de ce Fonds dépend de la disponibilité de ressources adéquates sous forme de dons, de coûts de transaction minimaux et de décaissements rapides, précise le document.
Le rapport invite les pays développés à s’engager à verser un montant annuel minimum au Fonds et à mettre en place une stratégie crédible de mobilisation des ressources ; et les pays donateurs à fixer un objectif distinct pour le financement de la lutte contre le changement climatique dans les PMA, en se concentrant principalement sur l’adaptation aux changements climatiques et en simplifiant l’accès aux fonds.
By OMA Newsletter N° 1391 du 08/11/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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