L’ONG Human Rights Watch (HRW) a déclaré, jeudi 25 avril, que l’armée du Burkina Faso a exécuté sommairement au moins 223 civils, dont au moins 56 enfants, dans deux villages le 25 février dernier, invitant les autorités de ce pays ouest-arfricain de mener sans tarder une enquête indépendante avec l’appui de l’Union africaine et des Nations Unies.
Ces massacres, qui comptent parmi les pires exactions commises par l’armée burkinabè depuis 2015, semblent s’inscrire dans le cadre d’une campagne généralisée menée par l’armée contre des civils accusés de collaborer avec des groupes islamistes armés, et pourraient constituer des crimes contre l’humanité, indique le communiqué de l’organisation de défense des droits de l’homme.
Dans les détails, des soldats auraient tué 44 personnes, dont 20 enfants, dans le village de Nondin, ainsi que 179 autres personnes, dont 36 enfants, dans le village voisin de Soro ; ces deux villages se situant dans le district de Thiou, dans la province du Yatenga, dans le nord du pays.
Selon Tirana Hassan, directrice exécutive de HRW, «les massacres perpétrés dans les villages de Nondin et Soro ne sont que les derniers exemples d’exactions menées contre les civils par l’armée burkinabè dans le cadre de ses opérations de contre-insurrection».
«L’échec continu des autorités burkinabè à prévenir de telles atrocités et à mener des enquêtes démontre la nécessité d’un appui international afin de garantir une enquête indépendante crédible sur de potentiels crimes contre l’humanité», poursuivi-t-elle.
L’ONG dit avoir mené des entretiens téléphoniques, du 28 février au 31 mars, avec 23 personnes, dont 14 témoins des tueries, trois activistes de la société civile locale et trois membres d’organisations internationales. HRW aurait vérifié des vidéos et des photographies partagées après les tueries par des survivants, dont certains qui étaient blessés.
Tirana Hassan insiste que «l’armée burkinabè a régulièrement commis des atrocités de masse contre des civils au nom de la lutte contre le terrorisme, et presque personne n’a été tenu pour responsable». Pour elle, «les victimes et survivants des abus de l’armée ainsi que leurs familles ont le droit de voir les individus responsables de graves abus être poursuivis en justice. Le soutien d’enquêteurs de l’UA ou de l’ONU est le meilleur moyen d’assurer des enquêtes crédibles et des procès équitables».
HRW rappelle que les forces du Burkina Faso luttent contre une insurrection menée par le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, et l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) depuis que les groupes armés sont entrés dans le pays depuis le Mali en 2016. Ces deux groupes armés contrôlent de vastes étendues de territoire et attaquent à la fois les civils et les forces de sécurité gouvernementales.







