Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a indiqué, lundi 20 mai, avoir demandé la délivrance de mandats d’arrêts contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense Yoav Gallant, ainsi que trois hauts responsables du Hamas, pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza et en Israël.
Dans son communiqué, Khan défend passe en revue de nombreux crimes commis par les deux parties, résultats, entre autres, des interrogations menées par son bureau aussi bien auprès des victimes et des survivants des attaques du 7 octobre menées par le Hamas en Israël, qu’auprès des survivants des bombardements et d’autres actions perpétrées par Israël à Gaza et autres lieux en Palestine.
S’agissant des trois dirigeants du Hamas visés, «mon bureau estime que ces personnes ont planifié et commandité la commission des crimes perpétrés le 7 octobre 2023, et reconnu leur responsabilité à cet égard comme en atteste la visite qu’ils ont personnellement effectuée auprès des otages peu de temps après leur enlèvement», a déclaré le Procureur.
Concernant les hauts responsables israéliens indexés, le Procureur a critiqué, entre autres, «le fait d’affamer comme méthode de guerre», avant d’ajouter que ce crime et d’autres crimes contre l’humanité ont été commis «dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre la population civile palestinienne conformément à la politique de l’État».
Karim Khan a appelé toutes les parties au conflit de Gaza à «se conformer à la loi maintenant», et souligné que son bureau «n’hésitera pas à soumettre d’autres demandes de mandats d’arrêt si et quand nous considérerons que le seuil d’une perspective réaliste de condamnation a été atteint».
L’initiative de la CPI a fait réagir plusieurs pays dont les Etats-Unis. «Nous rejetons le fait que le procureur mette Israël et le Hamas sur un pied d’égalité. C’est une honte. Le Hamas est une organisation terroriste violente qui a perpétré le pire massacre de Juifs depuis l’Holocauste, et qui retient encore des dizaines d’innocents en otage, y compris des Américains», indique un communiqué du secrétaire d’Etat Antony J. Blinken.
Soulignant que «cette affaire ne relevait pas de la compétence de la CPI», le texte explique que «bien que n’étant pas membre du tribunal, Israël était prêt à coopérer avec le procureur. En fait, le procureur lui-même devait se rendre en Israël dès la semaine prochaine pour discuter de l’enquête et entendre le gouvernement israélien. Les membres de l’équipe du procureur devaient atterrir en Israël aujourd’hui (20 mai, ndlr) pour coordonner cette visite. Israël a été informé qu’ils n’avaient pas pris leur vol presqu’au même moment de l’annonce des accusations faite par le procureur sur une chaîne de télévision câblée. Ces circonstances et d’autres remettent en question la légitimité et la crédibilité de cette enquête».
Pour le Département d’Etat des Etats-Unis, «fondamentalement, cette décision n’aide en rien, et pourrait compromettre les efforts déployés actuellement pour parvenir à un accord de cessez-le-feu qui permettrait la libération des otages et l’acheminement de l’aide humanitaire, des objectifs que les États-Unis continuent de poursuivre sans relâche».
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