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DE l’OUA OU DE l’UA : Trajectoires historiques peu historicisées (Partie1)

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OMA Pax Afrika Forum,  et conformément à son annonce publiée en date du  25 avril dernier,  démarre la publication de son 1er dossier  en relation avec le respect de l’état de droit, la souveraineté & l’intégration africaine :

Le 9 juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud) l’Union africaine (UA) voyait le jour. Dans l’euphorie circonstancielle de l’inauguration, le Président sud-africain, Thabo Mbeki déclarait :

« il est temps que l’Afrique occupe sur la scène internationale la place qui lui revient (…). Il est temps de mettre fin à la marginalisation de l’Afrique ».

L’UA naissait ainsi des cendres de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), créée trente-neuf ans auparavant pour mettre fin au colonialisme et unir les peuples de l’Afrique. A l’ère des défis pluriels d’un monde multipolaire et en pleine mutation, il importe aujourd’hui de questionner l’efficacité architecturale et fonctionnelle de l’institution panafricaine.

Comment l’idéal panafricaniste s’est-il constitué et articulé, de Casablanca à Durban ?

L’avènement d’un panafricanisme immédiatiste, susurrant une quête de leadership par dépossession du Maroc du capital symbolique mémoriel, constitue-t-il un moment espérant d’un panafricanisme de profondeur ?

Vingt ans après Durban, que peut-on attendre de l’UA, eu égard aux enjeux mondiaux ?

I-Mise en contexte, de Casablanca à Durban Traversée par plusieurs divisions idéologiques avec formation des blocs souvent antagonistes, l’Afrique a été le théâtre des enjeux pluriels au début de la décennie 1960.

Dès janvier 1960, Casablanca (Maroc) entretient le groupe transsaharien et fait naître le courant révolutionnaire à partir du noyau de l’Union Ghana-Guinée créée en 1958 avec les leaders comme Kwamé Nkrumah et Ahmed Sékou Touré, élargie plus tard au Mali, dans le cadre de l’Union des Etats africains. L’objectif assignée à cette Union étai de réaliser l’unité africaine du cap à Bizerte et d’Accra à Zanzibar .

Epris par cette vision programmatique et simultanément affligé par l’explosion de la crise congolaise et face à l’incapacité d’y trouver une alternative africaine, le Roi Mohammed V a initié un rapprochement avec Nkrumah et Abdel Gamal Nasser d’Égypte. C’est ainsi qu’eut lieu la première réunion de haut niveau, tenue à Casablanca, du 5 au 7 janvier 1961.

L’urgence de la tenue de cette réunion s’inscrivait dans un environnement marqué par la revendication autonomiste de la plupart des pays africains et le risque de cristallisation des conflits avec les anciennes métropoles. Le Maroc y tenait qu’il ne put s’empêcher, de facto et de jure, de prendre fait et cause en faveur d’une Afrique unie et solidaire.

Ainsi, prenant part à la conférence des États africains tenue à Léopoldville du 20 au 26 août 1960, le Roi marocain avait fait voter une déclaration qui demandait instamment non seulement le respect de l’intégrité territoriale du Congo, mais aussi l’évacuation du Katanga par les troupes belges.

Par la suite, après de nombreux entretiens bilatéraux, le gouvernement marocain publia, dans un communiqué officiel en date du 31 décembre 1960, que « devant la détérioration de la situation au Congo, et l’impuissance des Nations Unies à mener à bien la mission qui lui (sic) a été confiée, et après consultation des chefs d’État africains directement concernés par les événements du Congo, le Roi Mohammed V propose la tenue d’une conférence au sommet à Casablanca ».

Pour le Roi du Maroc, cette rencontre était l’occasion idoine pour discuter des moyens pratiques à mettre en œuvre pour prévenir des dangers du colonialisme, promouvoir l’unité africaine et accroître les liens de solidarité au sein du continent africain.

Aussi, cette conférence allait-elle examiner les questions en rapport avec le Congo, l’Algérie, la Mauritanie, les essais nucléaires français au Sahara et la Palestine.

Le Mali, la Guinée, le Ghana, la Libye, l’Égypte, le Ceylan (en tant qu’observateur) ainsi que le gouvernement intérimaire d’Algérie étaient présents à cette réunion au début de laquelle le Roi Mohammed V, dans son discours d’ouverture, disait que « cette rencontre constitue un moment déterminant et crucial dans l’histoire de l’Afrique.

Le continent a vécu pendant de nombreuses années divisé, l’Afrique dispose aujourd’hui d’une série d’États indépendants à l’Est, à l’Ouest et au Centre, se réunissant pour édicter la nouvelle Charte de l’Afrique et servir l’émancipation et le bonheur de ses générations présentes et futures ».

À l’issue de cette conférence, plusieurs recommandations avaient été faites, notamment : la mise en place d’une coopération efficace et efficient entre les pays africains dans les domaines social et économique ; la mise en place du conseil consultatif africain (constitué des représentants de tous les pays africains) et la création de quatre organes fonctionnels.

Autrement dit, la «Charte de Casablanca » appelait à la mise en place d’institutions africaines communes, à la consolidation de l’indépendance des « États africains libérés » et à l’organisation de la coopération entre les États africains dans les domaines politique, économique, social, culturel et militaire.

Alphonse Zozime TAMEKAMTA
Ph.D en Histoire des relations internationales
(Polémologie et irénologie africaine)
Président délégué de OMA PAX AFRIKA FORUM
Yaoundé-Cameroun

A suivre
prochain article vendredi le 29/04/2022

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