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Burkina : L’ancien président Compaoré demande enfin «pardon» au peuple burkinabè et à la famille de Sankara

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L’ancien dirigeant burkinabè, Blaise Compaoré, exilé en Côte d’Ivoire après la chute de son régime en 2014, a adressé un message à ses compatriotes, et particulièrement à la famille de son prédécesseur Thomas Sankara assassiné en 1987, dans lequel il demande pardon pour les souffrances occasionnées pendant ses mandats au pouvoir.

Sa déclaration a été lue mardi 26 juillet par le porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo. «Je demande pardon au peuple burkinabè pour tous les actes que j’ai pu commettre durant mon magistère, plus particulièrement à la famille de mon frère et ami Thomas Isidore Noël Sankara», indique l’ex-locataire du palais présidentiel de Kossyam.

«J’assume et déplore, du fond du cœur, toutes les souffrances et drames vécus par toutes les victimes durant mes mandats à la tête du pays et demande à leurs familles de m’accorder leur pardon», poursuit le message, le premier depuis que Compaoré a été condamné par contumace à perpétuité pour l’assassinat de Sankara, en avril dernier.

L’ancien chef d’Etat va plus loin et invite à œuvrer ensemble pour la fin des querelles. «Ensemble, dans un esprit de patriotisme, donnons-nous la main pour taire définitivement nos querelles et rancœurs», selon ses propos.

Alors que son pays fait face au terrorisme qui endeuille régulièrement la population, Compaoré a souligné le fait qu’«il est important aujourd’hui de travailler au recouvrement de l’intégrité territoriale, à la reconstruction et (à la) promotion d’un environnement favorable à l’épanouissement durable pour tous».

Il s’agit là, d’après lui, de «l’unique voie qui permettra ainsi de mettre fin à nos incompréhensions et conflits intercommunautaires pour lutter efficacement contre le terrorisme qui a tant saigné notre pays et ébranlé ses fondements. Nous le pouvons. Nous le devons à notre cher pays dans un sursaut patriotique».

Sans surprise l’initiative de l’ancien dirigeant a suscité des réactions de plusieurs partis politiques, invitant surtout à faire bon accueil à cette demande de pardon. Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Compaoré, a demandé «à l’ensemble du peuple burkinabè d’être attentif, d’entendre le message et le pardon demandé ; et aux victimes d’entendre et d’accepter le pardon. Pardonner pour l’histoire, pardonner pour construire une nation, une grande Nation de demain».

«Nous saluons cette demande de pardon hautement symbolique par lequel, il fait preuve d’humilité. Et nous sommes convaincus que le peuple burkinabè qui est reconnu pour être tolérant, ne restera pas insensible à cet acte», a indiqué Abdoulaye Mossé, président du Parti panafricain pour le salut (PPS).

By OMA Newsletter N° 795 du 27/07/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani

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