Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est exprimé sur la question de l’insécurité à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) où les populations ont manifesté en juillet dernier, réclamant le départ des Casques de la mission onusienne (Monusco) qui seraient incapables de les protéger contre les groupes armés.
Il a accordé un entretien à RFI et France 24 le 17 septembre dernier à New-York, à la veille de l’Assemblée générale de l’ONU. Sur le sujet du départ des Casques bleus réclamé par des populations, Guterres a rappelé «un programme de réduction progressive de la force qui est accordée avec le gouvernement» congolais.
Concernant la rébellion M23 qui est, selon le chef de l’ONU, «la raison de ces dernières manifestations», l’attente des populations de voir les forces onusiennes battre les mouvements serait difficile à satisfaire.
«La vérité, c’est que le M23 aujourd’hui est une armée moderne, avec des équipements lourds qui sont plus perfectionnés que les équipements de la Monusco», a laissé entendre Guterres.
«Penser qu’une force de maintien de la paix puisse résoudre des problèmes quand il y a maintenant des forces militaires extrêmement bien armées, c’est impossible. Et les populations naturellement ne le comprennent pas. Et pour nous, c’est une énorme préoccupation», a-t-il soutenu.
Le patron de l’ONU s’est abstenu d’avouer que ces équipements du M23 viennent du Rwanda comme le clament les autorités de Kinshasa. Cependant, il a suggéré une «discussion sérieuse entre le Congo, le Rwanda et l’Ouganda pour qu’on puisse avoir une perspective conjointe pour éviter cette permanente situation qui nous fait toujours, quand on a un progrès, revenir en arrière».
Pour lui, ces pays doivent se comprendre mutuellement et coopérer effectivement pour la sécurité de l’Est du Congo, et aussi pour les garanties de sécurité, rappelant que les ADF (Forces démocratiques alliées) et les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), actifs dans la partie orientale de la RDC, sont des mouvements originaires respectivement de l’Ouganda et du Rwanda.
«Les opérations de maintien de la paix étaient faites pour maintenir la paix. Mais maintenant, elles opèrent dans des situations où la paix n’existe pas. Et c’est une réflexion essentielle», a aussi déclaré Guterres, insistant sur la nécessité d’une «réflexion profonde sur le futur du maintien de la paix dans des situations comme celles-là».
D’emblée, il s’est dit «entièrement favorable à ce qu’il y ait des forces d’imposition de la paix et de lutte anti-terroriste, des forces africaines d’imposition de la paix et de lutte anti-terroriste, menées sous l’égide de l’Union africaine et financées par les contributions obligatoires du système des Nations unies».
Sans surprise, les propos d’Antonio Guterres relatifs à l’incapacité des Casques bleus de la Monusco de battre les combattants M23 ont provoqué de vives réactions à Kinshasa au sein de la classe politique et de la société civile.
By OMA Newsletter N° 864 du 20/09/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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