Le président de la transition Bah N’Daw et le Premier ministre Moctar Ouane ont été démis de leurs fonctions ce mardi 25 mai par le vice-président, le colonel Assimi Goïta, selon un communiqué lu par le conseiller spécial de ce dernier, le commandant Baba Cissé, à la chaine de télévision publique ORTM.
Bah N’Daw et Moctar Ouane étaient arrêtés la veille et conduits au camp de Kati, à quelques kilomètres de Bamako, où ils ont passé la nuit. Leur arrestation était intervenue quelques heures après l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale, mais ce n’est que ce mardi que le motif a été clairement indiqué.
« Dans les démarches de constitution d’un nouveau gouvernement, le Premier ministre nouvellement reconduit a établi une liste de gouvernement en accord avec le président de la transition, sans concertation avec le vice-président en charge des prérogatives à lui, conférées par la charte, à savoir la Défense et la Sécurité », déplore le communiqué.
Et de poursuivre, « une telle démarche témoigne d’une volonté manifeste du président de la transition et du Premier ministre d’aller vers une violation de la charte de transition, contrairement au serment prêté lors de son investiture le 25 septembre 2020 ».
C’est donc en raison du non-respect de la charte et de l’ignorance des interpellations de la part des deux responsables arrêtés que le vice-président les aurait placés « hors de leurs prérogatives ».
« De par le serment prêté en même temps que le président de la transition et tenu par l’engagement patriotique pris devant le peuple malien ainsi que devant les forces de défense et de sécurité, le vice-président de la transition s’est vu dans l’obligation d’agir pour préserver la charte de transition et défendre la République en vue de placer hors de leurs prérogatives le président et son premier ministre, ainsi que toutes les personnes impliquées dans la situation ».
Soulignons que certains militaires qui étaient dans l’ancien gouvernement n’ont pas été reconduits dans la nouvelle équipe. Pour certains observateurs, le colonel Goïta, qui était à la tête de la junte à l’origine du putsch d’août dernier,n’aurait pas admis que ses proches soient écartés ; et le président de la transition n’aurait pas cédé à ses menaces.
Assimi Goïta a ignoré l’appel à « la libération immédiate et inconditionnelle » des deux officiels, lancé conjointement lundi par la mission de l’ONU au Mali (Minusma), la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), la France, le Royaume-Uni l’Allemagne et les Etats-Unis, qui ont condamné une « tentative de coup de force ».
Toutefois, il a assuré que le calendrier électoral serait suivi comme prévu en 2022, et invité la population à rester calme et à vaquer à ses occupations.
By OMA Newsletter N° 279 du 25/05/2021
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Mots clés : Destitution, Bah N’Daw, MoctarOuane, AssimiGoïta
Pays : Mali
Position géographique : Afrique de l’Ouest







