Deux opposants politiques, Martin Fayulu et Augustin Matata Ponyo, ainsi qu’une personnalité de la société civile, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege, ont dressé, dans une déclaration commune publiée lundi, un tableau sombre sur la situation générale qui prévaut en République démocratique du Congo (RDC).
Une des questions sur lesquelles ils se sont exprimés concerne la situation sécuritaire, particulièrement dans l’Est du pays où la rébellion M23, qui serait soutenue par le Rwanda, se livre à un massacre des populations civiles et continue de garder certaines localités sous son contrôle.
Alors que la RDC est menacée d’«émiettement» et de «balkanisation» et, «au lieu de doter le pays d’une armée efficace», «le gouvernement a privilégié une politique d’externalisation de la sécurité nationale à des forces étrangères et pire, à des Etats à la base de la déstabilisation du pays», fustigent-ils.
Pour rappel, une force régionale de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (CAE) a été déployée à l’Est de la RDC pour «imposer la paix» aux groupes armés qui y sont actifs depuis trois décennies. La décision avait été prise lors d’un sommet de la CAE dont la RDC est membre après l’arrivée de Tshisekedi au pouvoir. Mais l’opposition est contre cette résolution, mettant en doute la sincérité de certains Etats de la sous-région, comme le Rwanda qui profite derrière l’insécurité pour piller les richesses de la RDC.
D’ailleurs, les trois hommes exigent «la rupture des relations diplomatiques avec le Rwanda et la fermeture de toutes les frontières» entre la RDC et le Rwanda qui «agresse» leur pays «au travers de ses supplétifs du M23».
Le 23 décembre dernier, le M23 a annoncé une cérémonie organisée en vue de remettre la ville stratégique de Kibumba (une des localités qu’il contrôle) à la force militaire régionale de la CAE. Mais, le lendemain, l’armée congolaise a expliqué que le retrait du M23 de cette ville n’était qu’un «leurre» et que la rébellion tente plutôt de s’accaparer d’autres endroits.
«Le désengagement annoncé avec pompe» par le M23 «soutenu par les Forces de défense du Rwanda est un leurre et une simple publicité pour distraire les Congolais et la communauté internationale», a-t-elle affirmé.
Fayulu, Matata et Mukwege ont, par ailleurs, exigé «la condamnation ferme du Rwanda par le Conseil de sécurité des Nations unies», ainsi que «le retrait immédiat des éléments du M23 de toutes les positions qu’ils occupent».
Parmi les mouvements armés présents à l’Est de la RDC figurent aussi le groupe rwandais FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et le groupe ougandais ADF (Allied Democratic Forces). Les trois personnalités congolaises ont exigé «le déplacement loin de la RDC» de ces éléments rwandais et ougandais.
Pour ces hommes, la situation chaotique que traverse actuellement la RDC est «le résultat d’un déficit criant de leadership et de gouvernance de la part d’un régime irresponsable et répressif».
By OMA Newsletter N° 993 du 27/12/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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