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Le Mali ouvre une enquête contre la mission de l’ONU suite à un rapport sur les droits de l’homme

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Les autorités de Transition au Mali ont annoncé, samedi 13 mai, l’ouverture d’une enquête judiciaire contre la Mission d’établissement des faits du Bureau des droits de l’Homme des Nations Unies qui, dans un nouveau rapport, a accusé l’armée malienne et des militaires étrangers d’avoir tué plus de 500 personnes.

Après avoir rejeté formellement ce rapport, «le gouvernement décide d’ouvrir immédiatement une enquête judiciaire contre la Mission d’établissement des faits et ses complices pour espionnage, atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat, des crimes réprimés par le code pénal, ainsi que de complot militaire, un crime réprimé par le code de justice militaire, sans préjuger de la qualification des autorités judiciaires», a déclaré, dans un communiqué, le Colonel Abdoulaye Maiga, porte-parole du gouvernement.

Maïga a rappelé que «cette attitude de la Mission d’établissement des faits ressemble à un cas d’espionnage de la junte française qui avait placé illégalement un drone au-dessus de la base de Gossi, le 20 avril 2022, pour filmer des cadavres humains, minutieusement prédisposés, dans le but d’accuser les FAMa».

Pour le gouvernement malien, «en utilisant des satellites pour obtenir des images, sans autorisation et à l’insu des autorités maliennes, la Mission d’établissement des faits a effectué une manœuvre clandestine contre la sécurité nationale du Mali».

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk a fait savoir, vendredi 12 mai, qu’«un rapport d’une mission d’établissement des faits du Bureau des droits de l’homme des Nations Unies a  conclu qu’il y a de fortes indications que plus de 500 personnes aient été tuées – la grande majorité sommairement exécutés – par les troupes maliennes et du personnel militaire étranger au cours d’une opération militaire de cinq jours dans le village de Moura, dans la région de Mopti, au centre du Mali, en mars 2022».

Le rapport d’une quarantaine de pages indique que la Mission d’établissement des faits a documenté des cas d’exécutions sommaires et extrajudiciaires, de viols et autre violences sexuelles, ainsi que des actes de torture et mauvais traitements perpétrées au cours de l’opération militaire. Elle a aussi recueilli des éléments qui indiquent que les règles de la conduite des hostilités n’ont pas été respectées.

Volker Türk a souligné que «les exécutions sommaires, les viols et la torture pendant les conflits armés constituent des crimes de guerre et pourraient, selon les circonstances, constituer des crimes contre l’humanité».

Pour ses investigations menées pendant plusieurs mois, la Mission aurait eu recours à des entretiens avec des victimes et des témoins. L’enquête a aussi rassemblé des indications médico-légales et satellitaires. D’après Volker Türk, Bamako aurait refusé de répondre positivement aux demandes d’accès au village de Moura.

By OMA Newsletter N° 1171 du 15/05/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani

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