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Amnesty International accuse Meta d’avoir contribué à des atteintes aux droits de la communauté tigréenne en Ethiopie

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La société mère de Facebook, Meta, a contribué à de graves atteintes aux droits humains contre la population tigréenne en Éthiopie, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public mardi 31 octobre.

Ce rapport montre que Meta a une nouvelle fois manqué à sa responsabilité de limiter de manière adéquate la diffusion de contenus prônant la haine et la violence, qui ont cette fois pris pour cible les Tigréens lors du conflit armé qui s’est déroulé de novembre 2020 à novembre 2022 dans le nord de l’Éthiopie, rapporte le communiqué publié sur son site.

Amnesty International déplore que ses mises en gardes faites précédemment en lien avec les violations des droits humains commises contre les Rohingyas au Myanmar n’aient pas conduit Meta à changer de cap.

«Trois ans après ses défaillances ahurissantes au Myanmar, Meta a une fois de plus contribué à de graves violations des droits humains, par le biais de ses algorithmes de façonnage des contenus et de son modèle d’entreprise avide de données. Avant même le déclenchement du conflit dans le nord de l’Éthiopie, des organisations de la société civile et des spécialistes des droits humains ont signalé à de nombreuses reprises que Meta risquait de contribuer à la violence dans le pays, et ont demandé à l’entreprise de prendre des mesures significatives », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

«Meta n’a cependant pas pris ces mises en garde en considération, et n’a pas pris les mesures d’atténuation qui s’imposaient, même après le déclenchement du conflit. En conséquence, Meta a de nouveau contribué à de graves violations des droits humains, perpétrées cette fois contre la communauté tigréenne», dénonce-t-elle.

L’organisation de défense des droits de l’homme souligne que la plateforme Facebook est une source d’information importante pour de nombreux Éthiopiens, et est considérée comme une source fiable. Les algorithmes de Facebook ont eu un impact dévastateur sur les droits humains, en amplifiant des contenus néfastes visant la communauté tigréenne sur Facebook pendant le conflit armé.

L’ONG affirme que des documents internes de Meta examinés par ses soins montrent que l’entreprise était consciente des faiblesses de ses mesures d’atténuation en Ethiopie et des risques que cela représentait dans un pays que l’entreprise elle-même considérait comme exposé à un risque élevé de violence. Un document interne de Meta datant de 2020 indiquait que « les stratégies d’atténuation actuelles ne sont pas suffisantes» pour empêcher la diffusion de contenus préjudiciables sur la plateforme Facebook en Éthiopie.

L’organisation s’en prend aussi, en plus de l’amplification de contenus préjudiciables, au temps de réponse insatisfaisant de Meta et son refus de retirer des contenus signalés. De nombreuses personnes interrogées jugent qu’il était inutile de signaler des contenus à l’entreprise, pour ces raisons.

Meta doit prendre des mesures de toute urgence afin d’atténuer comme il se doit les risques posés par la plateforme Facebook en Éthiopie, alors que ce pays est confronté à une nouvelle crise sécuritaire dans la région Amhara, soutient l’ONG.

Pour elle, des réformes urgentes et de grande envergure sont nécessaires pour s’assurer que Meta ne contribue plus à ces préjudices en Éthiopie ou dans un seul autre pays. Cela suppose notamment de déployer des mesures «brise-glace», c’est-à-dire des mesures que Meta peut prendre dans des contextes de crise pour réduire le pouvoir d’amplification algorithmique, dans les situations à haut risque dès qu’elles se présentent, et de garantir l’égalité et la cohérence entre les juridictions en ce qui concerne les ressources des équipes de modération de contenu, de politique et de droits humains au niveau mondial.

Les Etats doivent honorer, d’après elle, l’obligation qui leur est faite de protéger les droits humains, en adoptant et en appliquant des lois permettant de contrôler efficacement le modèle économique des géants technologiques. Cela passe notamment par l’interdiction de la publicité ciblée, qui s’appuie sur des pratiques de traçage invasif.

Par ailleurs, conclut-elle, les géants de cette industrie sont aussi tenus de respecter les droits humains, indépendamment des obligations des États, faute de quoi ils doivent être amenés à rendre des comptes pour les violations qu’ils ont causées ou auxquelles ils ont contribué.

By OMA Newsletter N° 1383 du 31/10/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani

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