Comme après le coup d’Etat perpétré en août dernier par les militaires, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a suspendu le Mali de ses instances suite au coup de force intervenu la semaine dernière dans le pays.
« Les chefs d’Etat condamnent fermement le récent coup d’Etat » et toutes les actions qui ont conduit à l’instabilité persistante au Mali et ses conséquences dans la sous-région, souligne un communiqué publié à l’issue d’un sommet régional extraordinaire des dirigeants de l’organisation tenu dimanche 30 mai à Accra, la capitale du Ghana, sur la situation politique au Mali.
Ils « décident de suspendre le Mali des institutions de la CEDEAO conformément aux dispositions » de l’institution sous-régionale, poursuit le document.
Mais la CEDEAO s’est abstenu d’imposer des sanctions économiques, notamment la suspension des échanges financiers et commerciaux avec le Mali.
La crise actuelle au Mali remonte au 24 mai lorsque le président de la transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, ont été arrêtés et destitués le lendemain, pour avoir violé la charte de la transition, selon le vice-président de la transition, le colonel Assimi Goïta.
Les deux autorités ont finalement pris la décision de démissionner le mercredi 26 mai, à la satisfaction de Goïta qui a pris la tête de la transition et assuré que ce processus de transition suivra son cours normal.
Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont exprimé leurs profondes inquiétudes face à la crise actuelle qui intervient à mi-chemin de la fin de la période de transition.
D’après la CEDEAO, Bah N’Daw et Moctar Ouane seraient assignés à résidence. Les chefs d’Etat ouest-africains ont demandé qu’ils soient immédiatement libérés et ont exigé la nomination « immédiate » d’un nouveau Premier ministre par intérim issu de la société civile, et la formation d’un gouvernement « inclusif » pour poursuivre le programme de transition, sachant que les élections sont tenues d’être organisées en février prochain, après une période de transition de 18 mois.
« La suspension de la CEDEAO prend effet immédiatement jusqu’à la date limite de fin février 2022, date à laquelle ils sont censés passer le relais à un gouvernement démocratiquement élu », a fait part Shirley Ayorkor Botchwey, la ministre des Affaires étrangères du Ghana, pays dont le chef d’Etat assure la présidence en exercice de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEDEAO.
Les dirigeants ouest-africains ont exhorté le médiateur de la CEDEAO au Mali, qui a effectué un déplacement dans le pays la semaine passée, d’y retourner dans un délai d’une semaine pour poursuivre ses efforts de médiation et rester saisi de la situation dans le pays.
De même, ils ont invité tous les partenaires internationaux, notamment l’Union africaine, les Nations Unies et l’Union européenne, à continuer à soutenir le Mali dans la mise en œuvre réussie de la transition.
Selon les dernières informations au Mali, la Cour constitutionnelle a déclaré le colonel Assimi Goïta président de la transition.
By OMA Newsletter N° 287 du 31/05/2021
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Mots clés : CEDEAO, Mali, Coup d’Etat, Suspension
Pays : Mali
Position géographique : Afrique de l’Ouest







