Les autorités de transition en Guinée ont annoncé la semaine passée l’arrêt de toutes les activités d’exploitation du gisement de fer de Simandou, un des plus vastes gisements de fer au monde situé dans le sud-est du pays.
La décision a été actée à l’occasion d’un Conseil de ministres tenu jeudi 10 mars. Le communiqué publié à l’issue de la rencontre déclare que « le président de la transition a rappelé qu’il avait demandé la mise en œuvre de l’exploitation du gisement de Simandou en tenant compte des intérêts de la Guinée. Malheureusement, à ce jour, malgré sa requête qui date de décembre 2021, il n’y a pas eu de progrès».
« Il a donc instruit la cessation de toute activité sur le terrain en attendant les réponses aux questions posées aux divers acteurs et la clarification du mode opératoire dans lequel les intérêts de la Guinée seront préservés », poursuit le texte.
Les blocs de Simandou en activités ont été attribués à des sociétés étrangères ; l’Etat guinéen y est faiblement représenté. De prime à bord, la décision de Conakry de suspendre ces activités semblent contredire les assurances que la junte militaire avait donné, juste après le coup de force qui avait renversé le régime d’Alpha Condé, aux partenaires étrangers quant aux accords passés.
Mais le Premier ministre Mohamed Béavogui a assuré samedi qu’il n’est pas question de renégocier les conventions. « Ce n’est pas une renégociation, c’est juste une réorganisation de la façon de travailler (…). La Guinée ne veut pas revoir les contrats, ni les conventions, la Guinée souhaite un co-développement réel de ce projet (…) pour le bien de tous les partenaires, mais surtout pour la Guinée », a-t-il indiqué à la télévision nationale.
Rappelons que Simandou est le « plus grand projet minier des 30 prochaines années dans le monde », le chef du gouvernement a estimé qu’il « ne peut pas se faire sans la Guinée ». « Nous voulons simplement faire une petite pause, s’entendre sur un certain nombre de choses », a insisté Béavogui.
Plusieurs observateurs estiment que ces ressources guinéennes profitent peu au pays lui-même. Et pour les nouvelles autorités, cette situation ne peut plus continuer, il y a lieu d’avoir son mot à dire dans l’exploitation de cet immense gisement de fer.
By OMA Newsletter N° 626 du 14/03/2022
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