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Les magistrats tunisiens décrètent une grève d’une semaine pour dire non à «l’ingérence permanente» du président Saïed

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En Tunisie, les magistrats ont choisi de manifester leur ras-le-bol face à «l’ingérence permanente» du président Kaïs Saïed «dans le pouvoir judiciaire» par une grève d’une semaine renouvelable, entamée lundi 6 juin.

Le mot d’ordre a été décrété par les principaux syndicats professionnels des magistrats en colère contre le chef de l’Etat qui continue à prendre à son gré des décisions touchant leur corps professionnel. La grève serait « très suivie » dans tous les tribunaux, sur le territoire national, à en croire certains responsables syndicaux.

La dernière initiative contestée du président est la révocation, le 1er juin dernier, de 57 juges. Le numéro un tunisien les accuse, selon le Journal officiel, de «dissimulation d’affaires terroristes», «corruption», «harcèlement sexuel», «collusion» avec des partis politiques et «perturbation du fonctionnement de la justice». Pour lui, il s’agit par cette décision qu’il a qualifiée d’«historique» de «purifier» le pouvoir judiciaire.

Les magistrats sont d’autant plus remontés que le président s’est octroyé le pouvoir de révoquer les juges «sans le moindre recours» possible. Parmi ceux qui ont été limogés et qui pourront faire l’objet de poursuites, figurent un ancien porte-parole du pôle de lutte contre le terrorisme, un ancien directeur général des douanes et l’ancien président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Les révocations concernent également des magistrats soupçonnés d’avoir entravé l’enquête sur les assassinats en 2013 de deux dirigeants de gauche, Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, par des présumés jihadistes.

Les multiples décisions de Saïed inquiète de plus en plus la classe politique. En avril dernier, l’opposition a annoncé la création d’une coalition, baptisée «Front de salut national», visant à réunir en son sein de nombreuses formations politiques et des organisations de la société civile, et à travailler pour le rétablissement du processus démocratique et constitutionnel, sans oublier la protection des libertés et des droits dans le pays.

Au niveau international, même son de cloche. Récemment, une Commission européenne pour la démocratie par le droit, dite «Commission de Venise», a critiqué la tenue d’un référendum sur une nouvelle Constitution prévue le 25 juillet prochain, soulignant que le décret du chef de l’Etat qui appelle les électeurs à ce rendez-vous n’est pas conforme à la Constitution.

Saïed a réagi avec fermeté à cette «ingérence dans les affaires intérieures tunisiennes», demandant aux membres de ladite Commission de quitter le territoire tunisien.

By OMA Newsletter N° 731 du 07/06/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani

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