Greenpeace a invité les géants pétroliers à ne pas répondre favorablement à l’initiative de la République démocratique du Congo (RDC) de vendre aux enchères, à la fin de ce mois, 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers.
Dans un communiqué publié mardi sur son site, l’ONG internationale de protection de l’environnement «met en garde les plus grandes compagnies pétrolières et gazières du monde quant à leur participation à une importante vente aux enchères de pétrole et de gaz en RDC prévue à la fin du mois de juillet».
Elle informe avoir envoyé des lettres aux compagnies pétrolières de part et d’autre dans le monde, dans lesquelles l’alerte au rouge est lancée contre cette vente aux enchères de mauvaise augure, qui pourrait avoir lieu, au détriment de la biodiversité et du climat mondial.
L’ONG estime que «cette vente aux enchères massive chevauche des tourbières et plusieurs zones protégées». D’après elle, les communautés locales s’opposent farouchement à ce projet. Greenpeace évoque une visite récente sur le terrain, effectuée par ses responsables de la campagne forestière en Afrique, dans quatre des blocs pétroliers désignés.
Selon les témoignages recueillis, des communautés locales seraient choquées par la possible vente aux enchères de leurs terres aux compagnies pétrolières. Certaines d’entre elles, considèrent l’exploration pétrolière à venir comme une menace directe pour le lac dont elles dépendent depuis des générations et prévoient d’y résister.
«Cette vente aux enchères ne se contente pas de tourner en dérision l’image de la RDC en tant que solution à la crise climatique, elle expose les Congolais à la corruption, à la violence et à la pauvreté qui accompagnent inévitablement la malédiction du pétrole, ainsi qu’à davantage de vagues de chaleur et à moins de pluie pour tous les Africains», déclare Irène Wabiwa, chef de projet international pour la campagne sur les forêts du Bassin du Congo à Greenpeace Afrique.
Et de poursuivre, «la communauté internationale et le gouvernement congolais doivent mettre fin à la ruée néocoloniale vers les combustibles fossiles africains en limitant l’accès des compagnies pétrolières à la RDC, et s’atteler plutôt à mettre fin à la pauvreté énergétique en soutenant le développement des énergies renouvelables propres et décentralisées».
L’ONG dit ignorer les compagnies pétrolières qui auraient l’intention de participer à la vente aux enchères, mais se félicite du fait que, grâce à une pétition lancée par ses soins avec des partenaires locaux et internationaux, près de 100 000 personnes appellent le chef d’Etat congolais, Felix Tshisekedi, à ne pas sacrifier la forêt tropicale à l’industrie pétrolière.
Enfin, Greenpeace Afrique invite les gouvernements du continent à faire passer l’intérêt de leur population avant la cupidité des nations riches et de leurs multinationales en accélérant les investissements dans les énergies renouvelables, propres et décentralisées. Elle exhorte également toutes les compagnies pétrolières et gazières à s’abstenir de participer à la ruée néocoloniale vers les combustibles fossiles africains.
By OMA Newsletter N° 787 du 20/07/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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