Amnesty International s’est dit surpris, ce mercredi, par la décision prise le week-end passé par le gouvernement guinéen de dissoudre le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) dont le «mode opératoire se structure par des actions violentes au cours de manifestations interdites, des attaques contre des individus qui ne partagent pas leur idéologie, et des actions ciblées contre les forces de l’ordre».
Le FNDC, un important collectif composé d’organisations de la société civile et de partis politiques, s’oppose depuis plusieurs mois à la junte au pouvoir dans le pays. Il prévoyait une nouvelle manifestation pour le 17 août prochain.
S’exprimant par la voix de la Directrice adjointe de son bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Habibatou Gologo, l’ONG qui dit avoir toujours suivi et documenté les récentes manifestations du FNDC qui étaient de nature pacifique, qualifie cette dissolution de «grave atteinte aux libertés d’association et de réunion pacifique reconnues par la Constitution guinéenne». Cette responsable souligne par contre l’usage excessif de la force et de la répression lors de ces manifestations.
«Le rôle du FNDC a été déterminant dans la promotion et l’avancement des droits humains en Guinée. Amnesty International appelle les autorités à rétablir le FNDC et à garantir la liberté d’expression et d’association qui sont des droits consacrés par des conventions et traités internationaux relatifs aux droits humains que la Guinée a ratifiés, ainsi que par la Charte de la transition», poursuit Habibatou Gologo.
Amnesty a également dénoncé certains traitements réservés aux hommes de médias. Mohamed Bangoura, directeur de publication du site d’information ‘Mosaïque’ a été sommé le week-end dernier de se présenter dans les locaux de la direction du renseignement militaire de l’Etat-Major des armées suite à la publication d’un article qui incriminait l’armée dans la disparition d’un camion contenant du médicament antalgique dans un camp ; au même moment, un autre journaliste Mamoudou Boulère Diallo d’Espace TV a été physiquement agressé par une équipe militaire, souligne l’ONG.
Ces agissements, déclare-t-elle, «constituent une régression de la liberté de presse et d’expression. «Amnesty International appelle les autorités guinéennes à mettre immédiatement un terme aux restrictions disproportionnées des droits à la liberté d’expression et à la liberté d’association et à respecter le droit de la population et de la société civile guinéennes d’exprimer librement leurs opinions, y compris dans les médias», conclut le communiqué.
By OMA Newsletter N° 815 du 10/08/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
L’OMA, ONG à vocation Intercontinentale
Pour le développement des échanges culturels
La valorisation des potentialités humaines
La promotion et la consolidation du développement de l’Afrique, et L’intégration interafricaine







