Le président de la Transition au Burkina Faso, Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a été poussé à la démission par le capitaine Ibrahim Traoré, a posé sept conditions avant de quitter ses fonctions, parmi lesquelles le respect des engagements pris avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), selon une déclaration des chefs des communautés religieuses et coutumières qui ont joué la médiation entre les deux hommes, publiée dimanche 2 octobre.
Leur texte affirme que «le Président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), le Capitaine Ibrahim Traoré, a accepté ces sept conditions», et invite «la population au calme, à la retenue et à la prière pour notre chère patrie le Burkina Faso».
Les autres conditions de Damiba sont la poursuite des activités opérationnelles sur le terrain; la garantie de la sécurité et de la non-poursuite des FDS engagés à ses côtés; la poursuite du renforcement de la cohésion au sein des FDS; la poursuite de la réconciliation nationale; la poursuite de la réforme de l’Etat; ainsi que la garantie de sa sécurité et de ses droits, ainsi que ceux de ses collaborateurs.
De son côté, la CEDEAO a déclaré, dimanche dans un communiqué, avoir pris note de la décision du lieutenant-colonel Damiba de renoncer à ses fonctions de président. «Je prends note en particulier de la décision du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba de renoncer à ses fonctions de président du gouvernement de transition du Burkina Faso, afin d’éviter une confrontation violente et un éventuel bain de sang», a fait part Umaro Sissoco Embalo, président en exercice de la CEDEAO et chef d’Etat de la Guinée Bissau.
Ce responsable ouest-africain a salué le «règlement pacifique» du conflit par les différentes parties, avant d’appeler également les autorités burkinabè à «respecter l’engagement pris avec la CEDEAO».
Le Burkina Faso semble être le bon élève parmi les pays dirigés par des militaires dans la sous-région. A la veille d’un sommet de la CEDEAO, tenu le 22 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, sur le «réexamen de la situation en Guinée et au Mali», Embalo avait semblé afficher sa satisfaction envers la transition au Burkina qui, selon lui, «respecte la feuille de route» convenue avec la CEDEAO.
Reste à ce que le nouveau dirigeant du pays tienne aussi son engagement dans ce cadre. Le capitaine Traoré a renversé le pouvoir de Damiba vendredi 30 septembre par un coup d’Etat. Ce dernier était à son tour à la tête des militaires qui avaient destitué le président élu Roch Kaboré par un putsch.
By OMA Newsletter N° 879 du 03/10/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
L’OMA, ONG à vocation Intercontinentale
Pour le développement des échanges culturels
La valorisation des potentialités humaines
La promotion et la consolidation du développement de l’Afrique, et L’intégration interafricaine







