L’association Bloom qui œuvre pour la préservation des océans et l’ONG sud-africaine The Green Connection se sont opposées clairement, lundi lors d’un point de presse, à une demande de licence d’exploitation de deux blocs gaziers sur la côte Est de l’Afrique du Sud, adressée le 5 septembre dernier par TotalEnergies aux autorités sud-africaines.
Les deux ONG entendent empêcher ce projet compte tenu de ses retombées non seulement sur la biodiversité, mais aussi sur les communautés locales, et particulièrement les pécheurs qui n’auraient pas été consultés au préalable.
D’après la présidente de l’association Bloom, Claire Nouvian, «l’implantation de TotalEnergies au large de l’Afrique du Sud, dans des eaux hostiles et profondes, pourrait créer un précédent».
Elle a expliqué que «jusqu’à présent, toutes les autres entreprises pétrolières attendaient deux choses : voir s’il était techniquement possible d’exploiter à de si grandes profondeurs dans des zones avec autant de courant et avec des conditions météorologiques aussi difficiles. La deuxième chose était de voir si le gouvernement sud-africain allait délivrer ou non les permis de production».
«On voit bien qu’à partir du moment où on ouvre la porte, toute l’industrie pétrolière mondiale s’engouffre», a-t-elle estimé, concluant qu’«il est donc strictement fondamental d’empêcher Total d’obtenir ce premier permis».
La directrice de la stratégie au sein de Green Connection, Liziwe McDaid, a fait remarquer que «pour les pêcheurs, il n’y a aucun bénéfice à tirer d’un tel projet. Les profits sont pour Total, mais ce sont les communautés locales qui subiront de plein fouet les conséquences».
La conférence de presse a enregistré la présence de certains eurodéputés et activistes soutenant l’initiative des deux associations. L’activiste Camille Étienne a estimé que le projet de TotalÉnergies «n’est pas juste une énième bombe climatique», mais «il s’agit d’ouvrir la voie vers un nombre incalculable de bombes climatiques».
Les deux champs gaziers sollicités par le géant français des hydrocarbures sont enfouis à plus de 1000 mètres de profondeur, dans une zone à la vie marine exceptionnellement riche et diversifiée. TotalÉnergies s’apprête à investir trois milliards de dollars dans ce projet d’exploitation gazière dont il espère tirer jusqu’à un milliard de barils d’équivalent pétrole.
Bloom a lancé une pétition dans laquelle elle demande au PDG de Total, Patrick Pouyanné, d’abandonner «d’urgence» son «projet climaticide qui va accélérer l’effondrement de la biodiversité».
«Monsieur Pouyanné, si vous persistez dans votre obsession morbide pour les profits records, si vous persistez dans votre aveuglement antiécologique, nous organiserons la résistance citoyenne pour vous empêcher de détraquer le climat, de détruire la nature, d’anéantir notre avenir et de sacrifier la jeunesse. Détruire l’océan, c’est nous condamner collectivement. Nous ne vous laisserons pas faire», conclut la pétition.
By OMA Newsletter N° 900 du 18/10/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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