Le gouvernement sud-soudanais s’oppose au renouvellement du mandat de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies sur son territoire, soulignant que celle-ci «porte atteinte à la souveraineté du pays».
D’après le ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles, Rubén Madol Arol, le dernier rapport de cette Commission contient «des allégations recyclées de rapports précédents remontant à 2013».
«Le rapport de la Commission a en outre omis les dates et les lieux où les violations présumées des droits de l’homme ont eu lieu, conscient qu’une telle approche rend impossible toute réponse significative du gouvernement», déplore ce membre du gouvernement.
La Commission des droits de l’homme des Nations Unies au Soudan du Sud a estimé, mardi devant le Conseil des droits de l’homme, que l’impunité est l’un des principaux moteurs des crises humanitaires et des droits de l’homme dans ce pays, qui continuent de causer d’immenses traumatismes et souffrances aux civils.
«Les hauts fonctionnaires et les officiers de l’armée doivent répondre des crimes graves qu’ils ont commis, faute de quoi nous ne verrons jamais la fin des violations flagrantes des droits de l’homme», a déclaré Andrew Clapham, l’un des trois experts de la Commission.
Le rapport de la Commission se base sur des enquêtes menées dans le pays courant 2022. Il fait état d’attaques généralisées contre les civils, de violences sexuelles systématiques à l’encontre des femmes et des jeunes filles, de la présence continue d’enfants dans les forces combattantes et d’exécutions extrajudiciaires commanditées par l’État.
« Les attaques contre les civils persistent précisément parce que leurs auteurs sont sûrs de bénéficier de l’impunité», a poursuivi Clapham.
Les conclusions de la Commission décrivent de multiples situations dans lesquelles les acteurs étatiques sont les principaux auteurs de crimes graves au regard des lois du pays et du droit international.
Des membres de groupes armés non étatiques sont également identifiés comme les auteurs de crimes violents perpétrés dans diverses zones de conflit.
Un autre expert de la Commission, Barney Afako, a déclaré que «l’élaboration de la Constitution et les élections, longtemps retardées, sont prévues dans les 18 prochains mois, mais l’espace civique nécessaire pour les rendre significatives a pratiquement disparu».
Face à la persistance de la violence dans le pays, le défi que représente la promotion de la paix et des droits de l’homme au Sud-Soudan est très lourd. L’attention et le soutien de la communauté internationale ne doivent pas faiblir, soutient la Commission.
By OMA Newsletter N° 1079 du 08/03/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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