La diplomate marocaine Amina Salmane a été nommée au poste de représentante de l’Union du Maghreb arabe auprès de l’Union africaine (UA), et a été reçue, à ce titre, le 13 avril, par le Président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, à qui elle a présenté ses lettres de créances.
Sans surprise, Alger a contesté cette nomination, s’en prenant au secrétaire général de l’UMA, le Tunisien Taïeb Baccouche, et au président de la Commission de l’Union Africaine, le Tchadien Mahamat Faki.
Dans un communiqué publié dimanche 16 avril, le ministère algérien des Affaires étrangères indique que «ce comportement irresponsable est d’autant plus inadmissible qu’il intervient après des démarches pressantes des autorités algériennes auprès de la Commission de l’Union Africaine, afin de considérer sans objet cette prétendue nomination qui, conformément aux textes régissant le fonctionnement l’Union du Maghreb Arabe, ne relève aucunement des prérogatives du Secrétaire général de l’UMA, dont l’ultime mandat a définitivement pris fin le 1er août 2022, sans possibilité de prorogation, mais qui par cette énième imposture sert l’agenda tracé par son pays de résidence».
L’Algérie affirme «qu’elle n’a jamais été consultée au sujet de cette nomination qui s’est faite en dehors des règles prévues par le Traité instituant l’UMA de février 1989 ».
«Ces règles exigent dans le cas d’espèce le vote à l’unanimité des Etats-membres au niveau du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’UMA, seule instance habilitée à statuer aussi bien sur cette nomination que sur l’établissement de relations de coopération avec d’autres groupements régionaux et internationaux, tel que prévu notamment par l’article 6 du Traité instituant l’UMA, les articles 5 et 7 du Statut général fixant les attributions du Secrétaire général de l’UMA ainsi que par la résolution du Conseil de la Présidence datant du 23 février 1990 », poursuit le communiqué.
Du côté de l’UA, Alger accuse Mahamat Faki «d’avoir cédé à une opération de manipulation malsaine, conçue et mise en œuvre à des fins ne servant aucunement les intérêts de l’Union du Maghreb Arabe et de l’Union Africaine». La diplomatie algérienne a enjoint le président de l’organisation panafricaine de «clarifier sa position définitive sur cette violation flagrante et inacceptable des règles protocolaires et juridiques, sans préjudice de mesures éventuelles en fonction de l’évolution de cette affaire».
Pour le Secrétariat général de l’UMA, la nomination s’est faite dans le respect des règles et procédures en la matière. «La nomination de Mme Amina Selmane, Directrice des Affaires Economiques au sein de l’UMA, intervient dans un contexte où les Communautés Economique Régionales (CER) sont considérés par l’Union Africaine comme ses piliers essentiels dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, notamment en matière de développement économique et d’intégration», a noté l’Union dans son communiqué.
Il est important de rappeler que les Communautés Economique Régionales (CER) sont considérées par l’UA comme des atouts importants dans la mise en place effective de la promotion de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et devront être le fer de lance de l’UA pour la promotion du commerce interafricain.
Certains observateurs, dénonçant les continuelles attitudes hostiles d’Algérie contre son voisin, se félicitent de l’absence d’un quelconque soutien d’autres pays à cette démarche des autorités algériennes.
En l’espace de quatre jours, l’Algérie a attaqué le Maroc sur deux fronts, rallongeant ainsi la liste très longue de ses provocations et accusations gratuites. En effet, le 13 avril dernier, le ministre algérien de l’Intérieur a accusé Rabat, sans preuves, d’être derrière une affaire de 1,6 million de capsules de psychotropes que la police algérienne aurait saisi en mars à Alger et dans trois autres wilayas (Annaba, Ouargla et Oran).
By OMA Newsletter N° 1134 du 17/04/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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