
Un bref communiqué de la diplomatie française a annoncé, dimanche 6 août, la suspension de toutes les actions d’aide au développement et d’appui budgétaire en direction du Burkina Faso, et ce «jusqu’à nouvel ordre».
Une décision qui n’est pas une surprise compte tenu des relations qu’entretiennent Paris et Ouagadougou depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré qui avait renversé le régime du président Roch Marc Christian Kaboré en septembre 2022.
Mais la mesure intervient dans un contexte où un nouvel Etat membre de la Cédéao, le Niger, vient rallonger la liste des pays menés par les militaires, composée du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée.
Alors que l’organisation ouest-africaine a pris des sanctions contre le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont non seulement refusé de s’aligner sur les mesures sous-régionales, mais aussi menacé de combattre aux côtés du Niger au cas où une opération militaire serait lancée contre le Niger.
Dans un communiqué lu dimanche soir à télévision nationale, le CNSP (conseil national pour la sauvegarde de la patrie), mis en place par les putschistes, disent détenir «d’informations concordantes» lui permettant d’affirmer que «les forces d’une puissance étrangère s’apprêtent à agresser le Niger et son peuple en coordination avec la Cédéao» et que «deux pays d’Afrique Centrale» serviraient de base pour un «pré-déploiement» d’une opération militaire contre le Niger.
Ce dimanche, près de 30 000 personnes se sont rassemblés au stade Général Seyni Kountché, plus grand stade de la capitale Niamey, en soutien aux militaires.
Le Niger a décidé de fermer son espace aérien à partir 06 août «jusqu’à nouvel ordre», «face à la menace d’intervention qui se précise». Le délai d’une semaine donné à la junte nigérienne pour rétablir l’ordre constitutionnel a expiré dimanche à minuit, sachant qu’au sein de la Cédéao l’initiative d’attaquer le Niger ne fait pas l’unanimité.
La France soutient ouvertement la Cédéao dans ses efforts de rétablir le président déchu Moahmed Bazoum dans ses fonctions.
D’après la diplomatie française, les projets au Burkina, qui bénéficient actuellement de l’aide française au développement représentent 482 millions d’euros, tandis que l’aide budgétaire programmée en 2022 s’élève à 13 millions.
By OMA Newsletter N° 1279 du 07/08/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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