La Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la Francophonie de la République démocratique du Congo (RDC), Thérèse Kayikwamba Wagner, s’exprimant dimanche 26 janvier, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré que « le Rwanda se prépare à orchestrer un carnage à ciel ouvert, avec une brutalité qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire ».
En effet, la rébellion M23, soutenue par le Rwanda et active à l’Est de la RDC, a franchi, dimanche, les portes de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, après plusieurs jours de combats aux alentours de cette localité. Ce lundi, la ville serait sous l’emprise des rebelles.
« De nouvelles troupes rwandaises ont franchi les bornes 12 et 13 du poste frontalier séparant Goma de Gisenyi, pénétrant sur le territoire de la RDC en plein jour (…) C’est une déclaration de guerre qui ne se cache plus derrière des artifices diplomatiques », a martelé la ministre aux membres du Conseil.
Tout en s’inquiétant pour les plus de 3 millions de civils « pris en otage » par les agresseurs, elle a appelé à la fermeté et à la diligence du Conseil de sécurité, lui demandant d’ordonner au Rwanda de cesser les combats et de retirer toutes ses troupes du territoire congolais.
Pour elle, le Conseil devrait imposer des sanctions ciblées contre les décideurs militaires et politiques responsables de cette agression, un embargo sur les exportations des minerais étiquetés comme rwandais, la révocation immédiate du statut du Rwanda en tant que contributeur de troupes aux missions de l’ONU, et l’instauration d’un régime de notification systématique pour toute vente et transfert d’armes au Rwanda.
Répondant aux accusations et de Kinshasa et d’autres membres du Conseil de sécurité, le délégué du Rwanda, tout en déplorant la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, a déclaré que « cette crise aurait pu être évitée si le Gouvernement congolais s’était véritablement engagé en faveur de la paix ».
« La RDC a tous les outils à sa disposition pour un règlement durable du conflit », a-t-il soutenu, dénonçant « l’obsession de la RDC » pour un règlement militaire du conflit et affirmant que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) génocidaires, qui posent une menace directe pour le Rwanda, sont devenues un allié stratégique de Kinshasa.
Après avoir dénoncé aussi les déclarations du Président de la RDC, appelant publiquement à un changement de régime au Rwanda, le délégué a estimé que la communauté internationale est également à blâmer lorsqu’elle ignore les causes profondes du conflit.
Pour rappel, le 24 janvier, Kinshasa a annoncé, à travers un communiqué, la cessation de toutes ses activités diplomatiques et consulaires avec le Rwanda.
Article publié le 27/01/2025
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