Home Actualités La société civile africaine réagit à la sortie médiatique de l’Algérie qui...

La société civile africaine réagit à la sortie médiatique de l’Algérie qui pose des conditions pour la réouverture de ses frontières avec son voisin le Maroc

197
0
Frontières Maroc, Algérie
Frontières Maroc, Algérie

La réouverture des frontières Maroc-algériennes, fermées depuis 1994 en raison du conflit autour du Sahara, a été toujours une question brulante de l’actualité. A différents reprises, Rabat a fait part, à différentes reprises et à très haut niveau de l’Etat, de sa disposition à résoudre le différend qui l’oppose à Alger.

Lors d’une interview accordée récemment au site Arabic Post, le porte-parole du gouvernement algérien, a décliné des conditions pour une réouverture des frontières avec le pays voisin qu’est le Maroc.

« La demande de la réouverture des frontières par les responsables marocains ne suffit pas, car ces derniers doivent avoir de bonnes intentions et prendre les mesures nécessaires pour cesser les atteintes et les crimes à l’encontre de l’Algérie aux frontières, notamment le trafic des armes et de le drogue », a fait savoir Ammar Belhimer, également ministre de la communication.

Ce responsable s’est d’ailleurs distingué ces derniers mois par plusieurs attaques verbales contre Rabat. Début février, il a rejeté un rapport du Parlement européen critiquant la situation des droits de l’Homme en Algérie et a, par la même occasion, accusé le Maroc de collaborer avec Israël pour nuire à son pays. Quelques jours plus tôt, il avait évoqué un « recrutement », par le Maroc, de plusieurs « agents » dans l’objectif d’attaquer l’Algérie.

Réagissant aux conditions données par ce ministre algérien pour rouvrir les frontières, l’Organisation Maroc Afrika Cultures et Développements (OMA), ONG présente dans plusieurs pays africains et qui regroupe d’imminents acteurs de la société civile africaine, a aussi présenté quelques exigences, dévoilées ci-dessous, avant de militer pour l’ouverture des frontières concernées.

1) L’instauration de la démocratie qui doit prévaloir en Algérie, avec un régime civil qui doit être aux commandes dans ce pays, conformément aux réclamations et vœux exprimés par l’ensemble des composantes du peuple et de la société algérienne avec qui nous sommes solidaires.

Au 113eme vendredi du Hirak (révolution pacifique sans violence de la part des manifestants), le 16 avril, des responsables du Hirak ont annoncé 128 victimes déjà depuis le début de cette révolution pacifique algérienne, 61 détenus croupissent encore dans les geôles de ce régime militaire, 23 sont en grève de la fin et 8 évacués vers l’hôpital cette semaine pour cause de mauvais traitements et divers sévices subis par leurs tortionnaires. Leur seul crime est d’avoir appelé à cesser la gabegie, la mauvaise gouvernance, le trafic d’influence, la corruption de la caste militaire dirigeante qui mène leur pays droit au mur ; matérialisés, entre autres, en cette période de jeûne du mois de ramadan, par l’absence sur les étalages des marchés, de sucre, de lait, d’huile de table, de fruits et légumes, et bien d’autres produits alimentaires de base auxquels aspirent la famille algérienne et le citoyen pour vivre décemment en cette période de jeune.

2) La réparation due aux membres des 45 000 familles marocaines expulsées par le régime militaire qui prévaut en Algérie depuis 62 ans.

Cette expulsion massive de pauvres citoyens, ayant fondé des familles dont certaines algéro-marocaines, avait été lancée le 18 décembre 1975 par le président algérien Houari Boumediene et avait touché, en 48 heures, des dizaines de milliers de Marocains résidant en Algérie, parfois depuis plusieurs générations. Des familles avaient été contraintes de quitter le territoire algérien, arbitrairement et sans sommation, le jour de la fête du sacrifice (Tabaski), fête qui se mue en drame humanitaire pour les expulsés et leurs familles.

Les personnes ayant vécu cette expulsion, ainsi que leurs ayants droit s’interrogent encore à ce jour sur ces faits lugubres intervenus pendant que les musulmans célèbrent, à travers le monde, l’une des plus importantes fêtes de leur culte, la fête du Sacrifice. Une cohorte de milliers de femmes, d’hommes, d’enfants, de vieillards, de personnes handicapées entassées dans camions et autocars, était dirigée vers la frontière marocaine.

L’ensemble de leurs biens, maisons, commerces, sociétés, terrains, avoirs bancaires… avaient été confisqués. Une douleur incommensurable d’autant plus vive que l’exaction fut commise par les responsables d’un pays voisin, un pays frère pour qui ces Marocains, avaient pris les armes pour se sacrifier et défendre ce pays contre l’occupant français

3) La restitution des 2 millions de km2 des territoires marocains spoliés par la France colonialiste et rattachés au département français lors de la conquête de l’Algérie par la France entre le 14 Juin 1830 et le 23 décembre 1847, et qui aboutit à la création des départements français d’Algérie auxquels l’occupant français y rattacha ce qui est communément appelé le Sahara central marocain.

Ainsi l’Algérie s’est vu octroyé par la bienveillance française, par le hasard ‘’calculé’’ de la colonisation et au lendemain de son indépendance, des territoires immenses du Sahara central (TIDIKELT, TOUAT, GOURARA SAOURA) historiquement marocains depuis toujours.

La France a ainsi permis injustement à l’Algérie d’étendre ‘’son territoire’’, l’Algérie française ; simplement par son désir colonial d’agrandir ce département algérien devenu département français, à travers des amputations qu’elle a opérées sur les territoires des voisins; le Maroc surtout et la Tunisie à moindre mesure.

4) La reconnaissance par l’Algérie du Sahara marocain occidental comme terre marocaine délimitée par la frontière mauritanienne au point de passage d’el Guerguerat et à Laguira.

5) L’arrêt et la cessation de l’hystérie contre ses voisins de la part des responsables et des médias algériens, portant offenses, affronts, injures, insultes et atteinte à la dignité et à l’honneur des Chefs d’Etat des pays voisins, et à leurs institutions

6) L’arrêt des propos censés inspirés la haine et le mépris entre les peuples.

7) Se conformer et veiller à appliquer scrupuleusement les objectifs de l’acte constitutif de l’Union Africaine (l’UA) adopté à Lomé au Togo, le 11 juillet 2000, qui énonce dans son article 3 (notamment à travers 4 des 13 sous titres de cet article) les objectifs de l’UA qui sont de:

a) Réaliser une plus grande unité et solidarité entre les pays africains et entre les peuples d’Afrique ;

c) Accélérer l’intégration politique et socio-économique du continent ;

f) Promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent ;

i) Créer les conditions appropriées permettant au continent de jouer le rôle qui est le sien dans l’économie mondiale et dans les négociations internationales.

C’est à la satisfaction de ces sept conditions que la société civile africaine, réunie autour de l’OMA, encouragera et militera pour la réouverture des frontières entre le Royaume du Maroc et son voisin de l’est, l’Algérie.

By OMA Newsletter N° 237 du 20/04/2021

L’OMA, ONG à vocation Intercontinentale
Pour le développement des échanges culturels
La valorisation des potentialités humaines
La promotion et la consolidation de l’intégration interafricaine

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here