L’opposant gabonais Guy Nzouba-Ndama, leader du parti «Les Démocrates» a été accusé, mardi, d’association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, intelligence avec une puissance étrangère et tentative de corruption, quatre jours après avoir été arrêté avec plus d’un milliard de francs CFA dans ses valises, lors du retour d’un court séjour effectué au Congo-Brazzaville.
Si cette affaire suscite depuis des polémiques au Gabon, au Congo Brazzaville la plateforme des ONG des droits humains et de la démocratie s’interroge sur l’origine de cet argent et estime que l’opinion tant congolaise que gabonaise doit être éclairée sur ce dossier.
«Les organisations membres de la Plateforme pour les droits humains et la démocratie (PDHD) ont appris par voie de presse que l’opposant gabonais, Guy Nzouba-Ndama, en provenance de la République du Congo, a été interpellé le 17 septembre courant par la gendarmerie gabonaise alors qu’ils transportaient illégalement dans ses valises 1,19 milliard de francs CFA en liquide», indique le communiqué de la plateforme publié mardi 20 septembre.
Ces organisations se disent étonnées de ce que cet opposant «ait pu traverser le territoire congolais sans que les services de douanes et la gendarmerie congolaises ne s’en soient rendus compte. Visiblement, cela pointe l’inefficacité des services transfrontaliers et la complicité des plus hautes autorités du pays».
Elles jugent «inadmissible» que Nzouba-Ndama n’ait pas observé la réglementation en vigueur en matière de détention d’argent et des devises dans l’espace CEMAC.
Evoquant le cas du Congo, la plateforme s’interroge «comment dans un pays où les allocations sociales sont presque inexistantes, les retraités cumulent jusqu’à 36 mois d’arriérés de pension, où les concitoyens sont en défaut de logement, où les hôpitaux et les écoles sont dans un état de délabrement avancé, les dirigeants utilisent les deniers publics à d’autres fins que l’amélioration des conditions de vie de la population congolaise».
Les ONG concernées considèrent aussi que le «silence des autorités congolaises 4 jours après ce scandale est incompréhensible». D’où leur demande de «clarifier cette situation», jugeant qu’«il est essentiel de faire toute la lumière sur l’origine et la finalité des valises au milliard de francs CFA». Une enquête judiciaire est fondamentale, selon leurs propos.
«Nous encourageons également les autorités gabonaises à faire toute la lumière sur cette situation. L’opinion tant congolaise que gabonaise doit être édifiée sur ce dossier», ont-elles conclu.
By OMA Newsletter N° 867 du 21/09/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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