Les réactions en Afrique ne se sont pas fait attendre après l’annonce, mercredi 5 mai, de la position de l’administration américaine souhaitant la suspension du droit de propriété intellectuelle sur les vaccins contre la Covid-19.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a manifesté sa satisfaction étant donné que son pays militait déjà pour cette option. « Nous sommes satisfaits de la déclaration de l’administration américaine qui soutient une dérogation des ADPIC sur la protection de la propriété intellectuelle pour les vaccins Covid-19 », a-t-il déclaré ce jeudi.
Devant l’insuffisance notoire de doses de vaccins qui était déjà prévisible pour les pays africains, l’Afrique du Sud et l’Inde avaient introduit, en octobre dernier, devant l’Organisation mondiale du commerce, une demande pour la levée de la protection légale dont bénéficient les laboratoires.
Une telle initiative donnerait l’opportunité au monde d’accélérer la production et la distribution des vaccins pour vaincre rapidement la pandémie, avaient défendu ces pays.
L’administration de Joe Biden a en quelque sorte emboité le pas des autorités sud-africaines indiennes ; de quoi susciter de l’espoir.
Ramaphosa a considéré que la position de Washington « est une victoire pour l’Afrique du Sud ». « Cela montre l’influence que nous avons en tant que pays, en travaillant avec d’autres, notre voix et nos messages ont du poids », a-t-il ajouté.
Pour l’OMS, il s’agit également d’une bonne nouvelle. L’organe onusien qui met en garde, depuis des mois, contre le « protectionnisme vaccinal », tout en militant pour un accès équitable aux vaccins, espère que la démarche américaine aboutira, pour donner à l’Afrique l’occasion de produire ses propres vaccins, et, ainsi, lutter contre le manque cruel de doses actuellement.
« L’histoire se souviendra de la décision prise par le gouvernement américain comme étant la bonne chose au bon moment pour combattre ce défi terrible, sans précédent dans notre histoire contemporaine », a fait savoir John Nkengasong, Directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, se félicitant également de la démarche de Washington.
Cependant, toute initiative reste toujours diversement appréciée. Des grands laboratoires s’opposeraient à la levée des brevets sollicitée, soutenus par certains pays européens comme l’Allemagne et la Suisse, craignant que cela ne puisse créer un précédent.
La Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique (IFPMA) a, pour sa part, estimé que « suspendre les brevets ne va pas augmenter la production ou fournir les solutions pratiques dont on a besoin pour combattre cette crise sanitaire mondiale ».
By OMA Newsletter N° 260 du 07/05/2021
L’OMA, ONG à vocation Intercontinentale
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Mots clés : Covid-19, Levée des brevets sur les vaccins, Etats-Unis, Afrique, Cyril Ramaphosa
Pays : Afrique du Sud
Position géographique : Afrique australe







