L’ONG Amnesty International a appelé, dans un communiqué publié lundi 3 avril sur son site, les autorités algériennes à libérer tous les journalistes injustement détenus, à abandonner toutes les inculpations à caractère politique portées contre au moins six d’entre eux, et à annuler la condamnation du journaliste Ihsane El Kadi.
Le journaliste El Kadi a été condamné le 2 avril par le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger à cinq années de prison, dont deux avec sursis, «sur la base d’accusations infondées liées au fait d’avoir perçu des financements dans le but de se livrer à de la ‘propagande politique’ et de porter ‘atteinte à la sécurité de l’Etat’», souligne Amnesty.
Il avait publié, le 24 décembre, peu avant son arrestation, une analyse sur les prochaines élections présidentielles en Algérie en 2024, dans laquelle il critiquait le rôle de l’armée algérienne.
Selon Amna Guellali, directrice régionale adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty, «Ihsane El Kadi est le dernier journaliste en date pris pour cible par les autorités algériennes dans le cadre de l’offensive visant les médias indépendants. Elles prennent des mesures extrêmes pour étouffer les voix critiques, alors que la Constitution algérienne protège les droits à la liberté d’expression et à la liberté de la presse».
L’ONG relate que ces derniers mois, un tribunal a condamné à mort par contumace un journaliste algérien accusé d’espionnage et au moins cinq autres font l’objet de poursuites pour des accusations infondées, la plupart en lien avec la «diffusion de fausses informations». Au moins trois médias accusés de diffuser des émissions en ligne sans autorisation ont également été fermés.
Pour Amnesty, tous les journalistes emprisonnés uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, y compris sur la base d’accusations grotesques de diffusion de «fausses nouvelles» doivent être libérés immédiatement et ce, sans conditions.
«Se servir de lois fallacieuses pour bâillonner le journalisme est totalement inacceptable. Les médias en Algérie devraient être libres d’exercer leur droit à la liberté d’expression, que protège le droit international», a martelé Amna Guellali.
By OMA Newsletter N° 1118 du 05/04/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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