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Le projet d’oléoduc de TotalEnergies en Ouganda toujours décrié par des ONG

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Le projet d’Oléoduc de pétrole brut d’Afrique de l’Est (East African Crude Oil Pipeline, EACOP), l’oléoduc chauffé le plus long du monde, en cours de construction par TotalÉnergies en Afrique de l’Est, continue de susciter des inquiétudes, tant qu’il est lourd de menaces.

Dans un rapport publié aujourd’hui, Human Rights Watch (HRW) indique que cet oléoduc a dévasté les moyens de subsistance de milliers de personnes en Ouganda et aggravera la crise climatique mondiale. S’il est achevé, il comprendra des dizaines de plates-formes de forage, des centaines de kilomètres de routes, des camps et d’autres infrastructures, et un oléoduc de 1 443 kilomètres reliant les champs pétrolifères de l’ouest de l’Ouganda au port de Tanga dans l’est de la Tanzanie.

Basé sur plus de 90 entretiens menés au début de 2023, notamment auprès de 75 familles déplacées dans cinq districts de l’Ouganda, le rapport révèle que le développement du champ pétrolifère entraînera, à terme, le déplacement de plus de 100 000 personnes. Aussi, bien que 90 % des personnes qui perdront des terres à cause du projet aient reçu une indemnisation de la part de TotalEnergies EP Ouganda, le projet a souffert de retards de plusieurs années dans le paiement des indemnisations, ainsi que d’indemnisations insuffisantes, souligne l’ONG.

Felix Horne, chercheur senior auprès de la division Environnement et droits humains à HRW, explique «le projet EACOP s’est avéré un désastre pour les dizaines de milliers de personnes ayant perdu un terrain qui fournissait de la nourriture à leurs familles et un revenu leur permettant d’envoyer leurs enfants à l’école, et qui ont reçu une indemnisation insuffisante de la part de TotalEnergies».

Le même projet serait aussi «une catastrophe pour la planète». HRW soutient que des études montrent que la construction et l’exploitation d’EACOP présentent de graves risques pour l’environnement. Le tracé de l’oléoduc traverse des écosystèmes sensibles, notamment des zones protégées et des zones humides d’importance internationale, ce qui constitue une menace pour la biodiversité et les écosystèmes dont dépendent les communautés locales pour leur subsistance.

L’ONG attire l’attention sur le fait que le projet EACOP est en cours d’élaboration à un moment où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la principale autorité mondiale en matière de science du climat, ainsi que l’Agence internationale de l’énergie et d’autres organisations avertissent qu’aucun nouveau projet de combustibles fossiles ne peut être construit si le monde doit atteindre les Objectifs de l’accord de Paris et limiter les pires impacts du changement climatique.

Elle informe qu’en raison de l’opposition au projet EACOP de la part des organisations de la société civile et des militants du climat en Ouganda et dans le monde, de nombreuses institutions financières et compagnies d’assurance se sont engagées publiquement à ne pas soutenir l’oléoduc.

Les institutions financières devraient éviter de soutenir EACOP en raison des effets dévastateurs des combustibles fossiles sur le changement climatique ainsi que des risques futurs d’impacts graves sur les droits humains, et devraient plutôt aider l’Ouganda à exploiter son important potentiel d’énergie propre, invite HRW qui s’oppose clairement au fait que le projet soit mené à son terme».

By OMA Newsletter N° 1243 du 10/07/2023
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani

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