Accueil Actualités Algérie : L’OMA joint sa voix à celle de  MSF pour dénoncer vigoureusement...

Algérie : L’OMA joint sa voix à celle de  MSF pour dénoncer vigoureusement l’expulsion des  14 196 migrants refoulés de façon inhumaine et abandonnés en plein désert à la frontière algéro-nigérienne depuis le début 2022

261
0

L’organisation Médecins sans frontières (MSF), qui organise régulièrement des missions afin de secourir les migrants perdus ou abandonnés dans le désert du Sahel, a comptabilisé plus de 14 000 migrants ouest-africains refoulés violemment d’Algérie depuis le début de l’année.

«De janvier à mai 2022, 14 196 personnes migrantes ont été refoulées d’Algérie, et abandonnées en plein désert à la frontière algéro-nigérienne, au lieu-dit ‘Point Zéro’, à 15 km de la ville d’Assamaka», indique l’ONG dans un communiqué publié mercredi 1er juin.

D’après MSF, 2000 personnes voulant rejoindre l’Europe sont expulsées chaque mois de l’Algérie et de la Libye. Parmi elles figurent des blessés graves, des femmes victimes de viols ou des personnes souffrant d’importants traumatismes.

L’ONG indique que près de 70% des personnes prises en charge par ses soins témoignent avoir subi des violences et des abus aux frontières de l’Algérie et de la Libye.«La gravité des exactions commises sur les migrants est indiscutable. Les témoignages de nos patients et leur état de santé physique et mental à leur arrivée dans nos structures sanitaires prouvent que ces personnes ont vécu des violences extrêmes au cours de leur expulsion des territoires algériens et libyens», déplore Jamal Mrrouch, chef de mission de MSF au Niger.

L’organisation s’en prend aux résolutions des pays européens prises dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine, qui ne résolvent pas les problèmes à la racine. «Les initiatives impulsées par l’Union européenne pour endiguer le phénomène migratoire obligent les migrants et passeurs à emprunter des couloirs excessivement dangereux dans le désert pour éviter les contrôles, avec pour conséquence le renforcement de l’exploitation des migrants par les trafiquants. Les routes migratoires sont devenues plus meurtrières», regrette-t-elle.

MSF «appelle les autorités régionales et leurs partenaires à trouver des réponses urgentes et adaptées pour mettre fin à la maltraitance des migrants refoulés d’Algérie et de Libye dans le désert du Sahel».

Jamal Mrrouch affirme qu’«en tant qu’acteur humanitaire et témoin de la terrible souffrance de milliers de migrants dans cette région du Sahel, c’est notre devoir de dénoncer ce drame humanitaire».

Et de poursuivre, «c’est aussi notre devoir de lancer un appel aux autorités concernées, à l’Union Européenne et aux partenaires humanitaires afin que des mesures immédiates soient prises pour le respect de la dignité humaine dans le contrôle des frontières. Nous ne pouvons plus continuer à simplement ignorer cette situation en pensant que le problème se résoudra de lui-même».

Selon les données de MSF, en 2021, un total de 27 208 migrants ont été expulsés d’Algérie dans des conditions inhumaines vers Assamaka à la frontière du Niger. En 2020, ils étaient plus de 23.000, soit une hausse de 17 % par rapport à l’année passée.

L’Organisation Maroc Afrika Cultures et Développements, OMA, joint sa voix à celle de MSF et dénonce également ce comportement inhumain des autorités militaires algériennes qui violent continuellement les droits humains.

L’OMA organisation de la société civile africaine, présente et représentée dans une trentaine de pays du continent, soutient également l’appel de MSF, lancé aux parties concernées de près ou de loin, à trouver des réponses urgentes et adaptées à la situation. Les pays limitrophes, les pays originaires des migrants ou encore l’Union africaine ne peuvent pas rester silencieux devant ces violations des droits humains perpétrées au grand jour par un régime militaire sans scrupule.

La communauté internationale prompte à monter au créneau et à mettre à l’index les problèmes auxquels sont confrontés les populations fuyant la guerre en Ukraine se doit de monter au créneau également pour dénoncer vigoureusement ces atteintes dramatiques aux droits le plus élémentaire, le droit à la vie et au respect de l’intégrité physique de cette franche de la population africaine immigrée, clandestine voulant s’échapper à la guerre du sous-développement et à la famine.

Les autorités algériennes qualifient toujours de non fondées les accusations à leur encontre, pourtant de nombreuses ONG sont unanimes sur ce point et ce ne sont pas des témoignages qui manquent.

By OMA Newsletter N° 725 du 02/06/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani

L’OMA, ONG à vocation Intercontinentale
Pour le développement des échanges culturels
La valorisation des potentialités humaines
La promotion et la consolidation du développement de l’Afrique, et
L’intégration interafricaine

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici