L’armée française poursuit son retrait du Mali. Elle devait officiellement quitter sa base militaire de Ménaka (nord-est) ce lundi et remettre les clés aux forces armées maliennes (FAMa), selon le porte-parole de l’état-major français, le général Pascal Ianni, s’exprimant à l’occasion d’un point presse.
Il s’agit de l’avant-dernière étape du processus de retrait de l’opération Barkhane. La base de Ménaka, située dans la zone des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger), hébergeait aussi la Force européenne Takuba composée d’unités des forces spéciales de plusieurs pays de l’Union européenne et ayant pour mission d’assister les forces armées maliennes dans les opérations antiterroristes.
La dernière étape du retrait des militaires français interviendra «à la fin de l’été prochain» avec le retrait de Gao, a précisé le porte-parole.
L’opération Barkhane, opération militaire lancée depuis août 2014 et menée par l’armée française, avait été déployée dans le cadre de la lutte contre les groupes armés jihadistes au Sahel.
Son repli a été décidé unilatéralement par l’ancienne puissance coloniale, l’année passée, suite à la détérioration des relations entre Paris et Bamako. La junte militaire au pouvoir au Mali se serait tournée vers les paramilitaires de la société russe privée Wagner pour lutter contre le terrorisme, une initiative désapprouvée par la France, voire l’Union européenne ou la communauté internationale.
La force antijihadiste Barkhane a déjà transféré à l’armée malienne les bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou, toutes trois situées au nord du pays où sévissent les groupes djihadistes.
L’ONU se dit inquiète sur le vide sécuritaire créé par le départ des forces étrangères. «Depuis le début de cette année, nous avons constaté une détérioration de la zone des trois frontières avec des effets conséquents sur les régions de Ménaka et de Gao», sur fond du départ de la force Barkhane, a laissé entendre, ce lundi, l’émissaire de l’ONU pour le Mali au Conseil de sécurité, El-Ghassim Wane.
Et de poursuivre, «si ce scénario devait se concrétiser, la base de la Minusma (à proximité, ndlr) risque d’être perçue comme le dernier refuge pour les civils fuyant la violence». Il a averti qu’«avec un minimum de forces maliennes dans la région et quelque 600 soldats de la paix (…) la capacité de la Minusma à organiser une réponse efficace est limitée».
By OMA Newsletter N° 739 du 13/06/2022
Article publié sous la direction du Dr Najib Kettani
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