Le Front «Touche pas à Ma Constitution» et d’autres formations politiques ont dénoncé, samedi 20 avril à Lomé, la nouvelle constitution adoptée la veille par les députés, évoquant «un coup d’Etat constitutionnel» et invitant les citoyens togolais à se tenir prêts pour des actions d’envergure qui seront lancées incessamment.
«A l’unanimité des 87 députés présents, l’Assemblée monocolore au service exclusif du chef de l’État, Faure Gnassingbé, a adopté hier, le 19 avril 2024, une nouvelle Constitution. Cette nouvelle constitution a été massivement rejetée par le peuple togolais et suscite toujours la controverse dans l’opinion publique», font part ces partis dans une Déclaration liminaire lue lors d’une conférence de presse.
Ils déplorent le fait que les députés aient «choisi d’ignorer la volonté du peuple» et affirment que «cette décision est lourde de conséquences pour notre pays et pour l’avenir de notre démocratie, car l’objectif poursuivi est la confiscation du pouvoir par un clan et la présidence à vie pour une personne».
Les signataires de la Déclaration disent être «profondément indignés par le fait que cette nouvelle constitution ait été adoptée, alors que le pays est en pleine campagne électorale pour les élections législatives du 29 avril prochain» et «en colère du fait que le contenu de cette nouvelle Constitution n’a pas été rendu public et que certains députés et ministres affirment ne pas avoir eu accès à son contenu».
Pour eux, «cette nouvelle Constitution est une manœuvre politique visant à permettre au chef de l’État actuel, Faure Gnassingbé, de se maintenir au pouvoir ad vitam æternam. Ce qui s’est passé hier à l’Assemblée nationale est un coup d’État. C’est un crime imprescriptible selon la Constitution qu’ils viennent de balayer».
Tenant compte de son illégitimité, ils ne reconnaissent donc pas cette Constitution et entendent continuer, avec le peuple togolais, le combat «pour restaurer la République et installer la démocratie dans notre pays».
Ils ont renouvelé leur «appel solennel à la mobilisation générale du peuple togolais», précisant que «dans les prochains jours, des actions d’envergure seront organisées pour dire non à cette Constitution que nous rejetons avec force».
«Soyons déterminés à continuer notre lutte pour la démocratie, l’Etat de droit et les droits humains au Togo. Soyons déterminés à défendre la volonté du peuple togolais et à nous opposer à cette nouvelle Constitution illégitime. Notre lutte est juste, nous finirons par triompher», ont-ils conclu.
Les autres signataires de la Déclaration sont DMP-Dynamique pour la Majorité du Peuple (CDPA, DSA, Le NID, LA RACINE, MJS, FDP, GAMESSOU, Bidjegue Bindje, Les Admis, Alcades et personnalités) ; ADDI ; LES DÉMOCRATES ; CAR Transition ; UDS-TOGO ; PARTI DES TOGOLAIS ; SANTE DU PEUPLE ; CODITOGO.
Soulignons qu’avec l’adoption à l’unanimité de la nouvelle Constitution à dix jours des législatives, le Togo devient un régime parlementaire et met fin à l’élection du Président de la République au suffrage direct.







