En Gambie, le Parlement a rejeté, lundi 15 juillet, une proposition de loi plaidant pour la levée de l’interdiction des mutilations génitales féminines (MGF), en vigueur depuis 2015, à la grande satisfaction des défenseurs des droits humains.
Les députés se sont opposés à tous les amendements proposés pour modifier le texte. « Je déclare que la proposition de loi est rejetée et que le processus législatif est épuisé », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Fabakary Tombong Jatta.
Les partisans de la levée de l’interdiction mettaient en avant le fait que l’excision est une pratique culturelle et religieuse profondément enracinée dans le pays, à majorité musulmane. Le débat ouvert depuis mars à l’hémicycle est donc désormais clos.
Amnesty International, une des ONG ayant salué la décision de l’Assemblée nationale, a déclaré, à travers sa Directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Samira Daoud, que « c’est avec un grand soulagement que nous accueillons le rejet du projet de loi visant à abroger l’interdiction des mutilations génitales féminines en Gambie. »
Daoud a rappelé qu’« en 2015, l’adoption de la loi sur les femmes (amendement), qui érige en infraction pénale les mutilations génitales féminines et prévoit des sanctions pour l’exécution, le soutien et l’encouragement de cette pratique, a représenté une étape importante dans les efforts déployés par le pays pour garantir les droits des filles et des femmes. Il est essentiel que ces progrès soient protégés. »
Toutefois, elle a souligné aussi que « depuis l’interdiction de cette pratique en 2015, seuls deux cas ont fait l’objet de poursuites et la première condamnation pour avoir pratiqué des MGF n’a été prononcée qu’en août 2023 ».
« Cette tentative d’abrogation de la loi est un signal d’alarme démontrant que des mesures doivent être prises pour sensibiliser la population aux droits des filles et femmes et à la nécessité d’éradiquer ces pratiques néfastes. Le devoir de diligence exige une prévention, une protection et une réparation efficaces, et pas seulement la criminalisation », a-t-elle également estimé.
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